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samedi 24 septembre 2022

Au jardin d'eau

Le jardin est une chanson d'amour, un duo entre un être humain et la nature.

Jeff Cox




La sécheresse a été très forte ce printemps et cet été.
Les plantes ont tenu vaillamment le coup, même si certaines ont perdu leurs feuilles prématurément.
Au jardin d'eau, la chaleur a donné un sentiment de tropiques...
Voici quelques souvenirs de cet été...



Nymphaea Black Princess et ses grenouilles



Nymphaea sunfire avec aussi sa grenouille



Nymphaea Fay Mac Donald



Ciel de fin d'été



Un bourdon sur une verveine de Buenos Aires



Les jeunes cygnes en sauvetage Gomukh et Apsara, parmi des canards



Un agrion mignon mâle sur une feuille de lotus



Mizuki toute gracieuse


Hibiscus moschetto au bord de l'eau



Intérieur d'une fleur d'hibiscus moschetto



Une fleur de flamboyant du Chili




jeudi 23 juin 2022

Les nymphaeas...

 "Je cherchais le médicament qui guérirait mes blessures.

Je pris une profonde inspiration.
Et j'ai senti la médecine du soleil caresser mon visage.
Et j'ai senti la médecine du vent embrasser la peau de mon âme.
Et j'ai senti la médecine de l'eau rendre mes yeux cristallins.
Et j'ai senti la Vie elle-même couler dans mes veines.
Comment ne pas t'aimer, Mère Terre, si même avec toutes mes peurs et mes blessures, tu n'arrêtes jamais de me remplir de ta Médecine de l'amour inconditionnel."
Ada Luz Marquez


Lever du jour au-dessus de la mare


Le jour se lève au-dessus de la mare.
J'entends les grenouilles, le merle et les clameurs de la forêt proche.


Un agrion mignon s'est posé sur la tige d'un lotus.


Charme du nymphaea Black Princess



La délicatesse du nymphaea fushia pompom



La luminosité du nymphaea Razzberry


Une grenouille contemple le nymphaea Joey Tomocik



Une autre sur une feuille de nymphaea Sunfire


A l'assaut de la fleur...



Et une autre grenouille perchée parmi les pétales...

mardi 7 juin 2022

Ressources sauvages

 La nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la nature est la suprême ressource. ~ Olivier Messiaen




Il n’y a pas de ressources sans projet m’a-t-on dit! Ce que je veux bien croire. Mais si la ressource est sauvage, le projet devrait l’être aussi sous peine de la dénaturer. Or le projet, c’est l’homme; et qui pourrait se vanter aujourd’hui d’être sauvage? Y eut-il jamais sur Terre un homme sauvage? Disons que la Nature, quand elle n’a pas encore été altérée par la Culture, peut paraître sauvage… Mais un homme sans culture, c’est quoi ? Pour tailler des silex, il fallait déjà en avoir assez! Et que dire des bisons de Lascaux ou d’Altamira?


Faire l’inventaire des ressources sauvages reste donc une aventure hasardeuse! Il faudrait être abeille pour aller droit au but et trouver, au terme de toute exploration, l’objet de son désir!

Naviguer au radar de l’instinct, sans autre indice et sans autre gouverne que son appétit… Oui, faire de toute appétence le principe de sa recherche pour se ruer vers cet ailleurs délectable dont on saurait, sans y réfléchir, qu’il serait aussi consommable. Ah quel bonheur! Le bonheur d’être abeille, n’obéissant qu’au seul attrait des fleurs. Encore faudrait-il s’assurer qu’elles ne soient pas toxiques; et comment en juger, sans avoir recours précisément à un certain savoir, enregistré, mémorisé, codifié et qu’on puisse encore solliciter à bon escient! Mais qu’est-ce que tout ça, sinon de la Culture? Nous voilà donc dans l’impasse; à moins qu’on fasse entrer en lice le rêve, cette évasion incontrôlée de la mémoire! Car le rêve a quelque chose de sauvage, il nous aiguille sans discernement et nous engage dans des chemins de traverse pleins d’énigmes dont la résolution a quelque chose d’un butinage, apparemment aberrant et cependant sélectif… En somme prospecter des ressources sauvages reviendrait à ne s’abandonner point tant à sa Culture qu’à sa Nature, celle qu’aucune éducation n’avait encore domestiquée. Il me semble qu’il y a dans l’Art cette virtualité, cette façon inintelligible d’accéder à l’objet de sa quête, et à propos de quoi d’autres pourront épiloguer longtemps! Les shamans ont sans doute cette faculté. J’en ai vu un, venant d’Equateur qui allait droit vers des simples jusqu’alors inconnues de lui, en Europe, pour les froisser, les renifler, et me signifier d’un air entendu qu’il avait fait là une prise d’importance.

Ainsi suis-je persuadé qu’il faut, pour prospecter une Nature sauvage, l’innocence et la foi de ces inspirés qui surent bâtir des cathédrales! Qu’il faut accepter de voir autre chose que ce que l’on regarde, et se laisser aller à cet appétit insensé qui ressemble à l’amour. En somme c’est cela : pour approcher la Nature sans avoir peur de s’en repaître, il faut aimer s’y perdre!

Alors tout devient simple: il y a équivalence entre ce qu’on aime et ce qu’on est; le bonheur de cet échange en devient salutaire: c’est une sauvegarde! L’amour de l’abeille m’aura amené jusque-là, jusqu’à cette façon d’être, sauvage et communicante! Non pas la non-discrimination chère à Fukuoka, mais le choix irraisonné de ce à quoi on était voué, déterminé peut-être par vocation secrète, elle-même induite par ce goût de vivre qui nous maintient debout.

Fascinés par ce qui nous attire, et peut-être nous ressemble, nous allons de feuille en feuille, de fleur en fleur, de bouche en bouche, vers cet ailleurs qui nous attend pour nous alimenter de quelque connaissance. Greffoir en main, je vais, quant à moi, par les garrigues, laissant trace du rêve qui nous a éduqués, cherchant d’arbre en arbre le paradis peut-être: un univers sauvage qui aurait accepté d’être approché sans dommage!

Où suis-je donc, aujourd’hui, sinon sur Terre, au labyrinthe de tous les compromis, pétri de cette rationalité qui nous a si parfaitement asservis, rêvant encore d’espaces quand on m’entoure de murs aveugles?

Maurice Chaudière




mercredi 14 juillet 2021

Une bulle de douceur

 

"La nature est un professeur universel et sûr pour celui qui l’observe."

Carlo Goldoni


 Un rayon de soleil entre deux averses... La vie est là, toute impatiente, joyeuse, généreuse.


Les dendrocygnes bicolores blonds explorent les flaques d'eau, on entend les hirondelles et un merle chanter.


Le nymphaea Wow est fier de sa floraison, les gouttes d'eau y ajoutent de la poésie.


Une jeune hirondelle s'est posée sur une arche dans le jardin.


La fleur du nymphaea Fay Mac Donald est comme un cadeau de lumière et de délicatesse au-dessus de l'eau.


Machu & Picchu, les alpagas, veillent sur le pré. Leurs silhouettes se détachent avec grâce dans le contrejour.



Dans la cour, il y a toujours des amateurs de câlins.


Et je me dis que les yeux et le coeur sont là pour embrasser toutes ces merveilles...

dimanche 4 avril 2021

Le monde est empli de visions qui attendent les yeux

 Si vous aimez vraiment la nature, vous trouverez la beauté partout. Vincent Van Gogh

 


 

Les présences sont là, mais ce qui manque ce sont nos yeux. Qui la voit cette petite fougère prise dans une branche épineuse ? Le vent la connaît, le vent lui parle.

Je ne pense pas que la nature connaisse la solitude terrible dans laquelle nous pouvons nous trouver. Je suis parfois soufflé par la conversation incessante du pré qui fait face à la fenêtre devant laquelle j’écris. Je regarde, je n’entends rien, la fenêtre est fermée, et quand bien même serait-elle ouverte, aucune rumeur ne me parviendrait, mais je vois très bien l’agitation des brins. Ils sont comme huilés par la lumière. Si j’avais le talent de regarder à fond — un talent qui me manque trop souvent —, je verrais, parce que je le sens, que chaque brin est différent du brin voisin. Ils sont sans arrêt pris dans un événement. Dans l’événement de la brise, de la pluie, dans l’événement des lumières qui vont, qui viennent, qui s’affairent on ne sait trop à quoi, du jour qui s’en va, du froid qui remonte de la terre. Est-ce qu’il y aura encore un autre jour ? Le pré est rempli de mille questions qui sont sans impatience d’une réponse. Quand j’écris avec la vision de ce pré, je suis devant le plus grand concurrent qui soit. Je suis devant un maître écrivain, un des plus grands poètes, qui n’a pas de nom, pas de visage, mais qui travaille jour et nuit.

Il est possible que, par l’attention aux choses menues, très simples, très pauvres, je trouve peut-être ma place dans ce monde. Il y a quelque chose de la suave tyrannie des techniques qui commence à être défaite dans un instant de contemplation pure qui ne demande rien, qui ne cherche rien, même pas une page d’écriture. La plupart du temps, je regarde, je ne note pas, je n’écris pas. La contemplation est ce qui menace le plus, et de manière très drôle, la technique hyperpuissante. Et pour une raison très simple, c’est que les techniques nous facilitent la vie apparemment. Mais c’est un dogme d’aujourd’hui qu’on ait la vie facilitée. Qui a dit que la vie devait être facile et pratique ?

Christian Bobin

 


 

mardi 16 février 2021

Le même fleuve de vie

 

La grâce de la nature est dans le mouvement d'un bras; l'harmonie du monde est dans l'expression d'un regard. C'est pour l'amour que la lumière du matin vient éveiller les êtres et colorer les deux; pour lui les feux de midi font fermenter la terre humide sous la mousse des forêts; c'est à lui que le soir destine l'aimable mélancolie de ses lueurs mystérieuses.

Etienne Pivert de Senancour

 


 Le même fleuve de vie


Je sens que toutes les étoiles
Palpitent en moi
Le monde jaillit dans ma vie
Comme une eau courante
Les fleurs s’épanouiront
Dans mon être
Tout le printemps
Des paysages et des rivières
Monte comme un encens
Dans mon cœur
Et le souffle de toutes choses
Chante en mes pensées
Comme une flûte

La joie est accourue de tous le coins du monde pour former mon corps.
La lumière des cieux l’ont embrassé encore, jusqu’à l’éveiller à la vie.
Les fleurs des étés trop rapides ont palpité dans son sein, et les voix de l’eau et des vents chantent dans ses mouvements.
Les couleurs ardentes des nuages et des forêts ont afflué dans ma vie et toutes les harmonies des choses ont caressé ses membres pour leur donner une forme de beauté. Elle est mon épouse, elle a allumé sa lampe dans ma maison

Le même fleuve de vie
Qui court à travers mes veines nuit et jour
Court à travers le monde
Et danse en pulsations rythmées

C’est cette même vie
Qui pousse à travers la poudre de la terre
Sa joie en innombrables brins d’herbe
Et éclate en fougueuses vagues de feuilles

Et de fleurs

C’est cette même vie
Que balancent flux et reflux dans l’océan
Berceau de la naissance et de la mort.
Je sens mes membres
Glorifiés au toucher de cette vie universelle
Et je m’enorgueillis
Car le grand battement de la vie des âges
C’est dans mon sang qu’il danse en ce moment

 

L’Offrande lyrique – Tagore
Première parution en 1963
Trad. de l’anglais (Inde) par Hélène Du Pasquier et André Gide.

 


 

mercredi 13 janvier 2021

Instants d'hiver

 La vie du cristal, l’architecture du flocon de neige, le feu du gel, l’âme du rayon de soleil.
L’air pétillant de l’hiver renferme tout cela.

 John Burroughs

 

Le jardin semble endormi, figé dans ses rêves. Le givre a tout ciselé d'argent et de velours blanc.

Deux moineaux se chamaillent dans une viorne.


 Calypso miaule et grimpe dans le néflier.

Les dernières feuilles de l'arbre ont tardé à tomber cette année.


Le mahonia resplendit avec ses fleurs d'or. Un coq chante.

Un vol de cygnes sauvages.

Le souffle froid du vent.


Sur la mare en partie gelée quelques anatidés se reposent. 


La lumière joue entre les rameaux, des arbres ont déjà préparé leurs bourgeons pour le printemps, pleins de belles promesses... Tout est calme, d'un calme poétique, serein, doux...

Il commence à neiger. Dans la cour, Laos, le bouvier bernois, joue avec Dorje le cygne. Il le suit, quitte à s'assoir près de l'oiseau lorsque celui-ci se repose.


Izumi couve avec amour ses œufs, relayée régulièrement par son mâle, Naoki. Tous deux se sont partagés la confection du nid et élèveront ensemble leurs petits.

Tao et Kamala, les autres cygnes noirs, nagent tranquillement en jouent à gober les flocons de neige.


Jean le jars passe près de moi, demande un câlin et se met à l'eau. Quelques étourneaux piaillent. 


Lorsque les ombres taquinent la luminosité, c'est comme si la magie venait s'inviter...


Une feuille de lotus fanée accueille des gouttes d'eau, glacées elles ont l'éclat de diamants.


Comme statufiée, la végétation offre ses tiges, feuilles, plumeaux, comme autant de poèmes pour attendre le printemps...

samedi 19 décembre 2020

Le jardinier

 

Le bout du monde et le fond du jardin
contiennent la même quantité de merveilles.

 Christian Bobin

 


Le jardinier


C’est un homme simple. Pour rentrer dans son jardin, il met un vieux pantalon de toile, une chemise qui ne craint rien. Ses mains sont sèches et carrées. Son visage hâlé, ses cheveux libres. L’été il porte un chapeau. L’hiver sa chemise est en laine. Il avance d’un pas tranquille. Il n’est pas pressé.


Il a tout son temps. Il regarde, il ressent. Il le parcours des yeux et le perçoit dans son ensemble. Dehors et dedans. Il l’accueille, il le prend dans son regard. C’est une vision totale qui l’atteint dans son cœur, comme un choc.


A chaque fois, son cœur tressaille pour son jardin et il le remercie et rend grâce à Dieu de lui donner une telle joie. Joie de le contempler et de faire partie de lui.


Comme il s’avance dans le jardin, il comprend que chaque plante, chaque morceau de terre est vivant et chacun se relie aux autres par des fils invisibles, semblables aux fils de lumière que font les araignées sous les rayons du soir, dans l’herbe après la pluie.


Il capte des vibrations toutes différentes selon la nature interne de chaque chose, qui entre elles, chantent ensemble. Un bruissement organisé et balancé par le vent ondule dans l’air, en volutes. Tout est sexuel, sexué et même désirant. Dans l’air flottent les messages olfactifs de chaque parcelle de vie. Tout palpite, vibre, se déplie, se déploie et pousse, creuse ou s’élance, lutte inexorablement dans un même et bel élan. Tout se mélange, se divise, se transforme.


Il voit alors les bienfaits des rayons du soleil sur la chlorophylle, de l’eau abreuvant les racines, aspirée par les cellules. Il y a une connivence, une harmonie entre chacune de ces cellules. Et regardant ce spectacle, il sait à cet instant précis qu’il est solidaire de chaque être vivant.


Lorsqu’il s’approche encore il découvre qu’aucun des insectes, parasites, vers, oiseaux et rongeurs, aucune plante n'est placée là par hasard. Il comprend que personne ne prend la place de personne car TOUT est à sa place, utile à la manifestation même de la vie et à la gloire de son Créateur.


L’intelligence ainsi manifestée, jubile, exulte et libère une énergie fabuleuse. Une joie. Et aussi un ordre. Mais un ordre sans hiérarchie véritable, un ordre qui nous lie les uns aux autres par un destin commun : celui de servir. Sans aucune autre destination que celle de servir la beauté et la bonté du monde.


Rose Fourcaut - Paris, 1995

 


 

dimanche 4 octobre 2020

Cadeaux du jardin

Un œil qui sache voir la nature, un cœur qui sache sentir la nature, une volonté qui sache suivre la nature . Triade bardique
Les jours d'été, parmi les fleurs et le bourdonnement des insectes, des chants d'oiseaux venaient caresser les songes. Au jardin tout est cadeau, les parfums, les couleurs, les sons, les textures. Tout est sensualité et tout célèbre la vie...
Une feuille sculpturale de la très rare brassaiopsis mitis se dévoile comme une oeuvre d'art, invitant à la contemplation.
Les lotus rivalisent de délicatesse et les abeilles s'y enivrent.
Des grenouilles sautent parmi les sagittaires, les laitues d'eau et les pétales de roses.
Une libellule se repose sur une branche de figuier.
Un nymphaea sunfire s'est ouvert, raffiné comme un poème.
Un bourdon se régale du nectar de d'un sedum.
La passiflore part à l'assaut des autres plantes, s'enroule, et joue avec la lumière.
Les dernières fleurs de lys embaument jusqu'aux berges de la mare.
Une abeille s'enfouit entre les pétales veloutés d'une rose.
Le rudbeckia, imperturbable, fleurit à n'en plus finir.