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jeudi 31 mars 2022

Le sauvetage de Papatte, petit bouc amputé d'une patte

 « Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour. » Khalil Gibran




Papatte est un bouc qui, suite à une très grave blessure, devait être amputé. Des vétérinaires en région parisienne se sont mobilisés pour le secourir et le sauver.

Après l'opération il a été amené à Avallon, dans l'Yonne, où nous sommes allés le chercher pour le ramener dans notre refuge la Petite Bohème. Il a vite été adopté par les autres rescapés et s'est fait des amis, en savourant sa nouvelle vie.



La jument Shambhala prend une attitude bienveillante et protectrice vis à vis du nouvel arrivant.



Papatte aime beaucoup boire près de Poésie la petite vache aveugle et épileptique.



Il apprécie aussi les moments près de la jument Yoko.


Toute la famille "papouille" est ravie de veiller sur lui.


Sa nouvelle vie est pleine de tendresse et d'harmonie.




Shambhala la jument a compris sa vulnérabilité et s'occupe de lui comme si elle était sa maman. 


Quoi de mieux que se sentir protégé et aimé?


Shambhala adore emmener Papatte au pré...


Tout le monde aime ces moments de sérénité, ensemble...


Repos, tendresse et complicité...





dimanche 9 janvier 2022

L'anniversaire de Yoko

 Rappelle-toi que tu n'es pas seul au monde ... Tu dépends de mille créatures qui font le tissu de ta vie ... Faouzi Skali





Yoko vient de fêter ses 28 ans ...

Elle qui est arrivée ici agonisante, squelettique (elle pesait moins de 100kg), malvoyante (elle était presqu'aveugle et a retrouvé la vue d'un côté) ,avec une ancienne fracture jamais soignée au postérieur gauche, une grave piroplasmose, des plaies et des vers...

C'était il y a un peu plus de 3 ans. Yoko a trouvé le chemin de la vie et de la guérison, puis le chemin de l'amour et de la lumière.

Yoko est devenue maman 6 mois après son arrivée, en adoptant Poésie, une petite vache handicapée (aveugle, épileptique et atteinte d'une compression de la moëlle épinière ce qui génère des troubles de la croissance et des soucis neurologiques).

Elle a fait du lait pour son bébé et l'a allaitée pendant plus de 8 mois. Elle fait systématiquement du lait lorsqu'un bébé ou un jeune arrive au refuge, que ce soit un veau, un mouton, un cabri, un lama ou autre.

Aujourd'hui Yoko est épanouie, pleine de vie. Elle transmet amour, joie et sagesse et rayonne. Elle galope, s'amuse, vient participer à ce que nous faisons, adore faire de la médiation animale...

Yoko est un symbole, le symbole du combat pour la vie, au-delà de la souffrance, au-delà du courage, un combat avec comme arme l'amour, c'est la plus grande force qui soit, et cet amour grandit lorsqu'il est partagé.

Alors, pleine d'émotion, je profite de ce post pour dire à Yoko à quel point j'ai de la gratitude et de la joie pour tous ces moments cœur à cœur , pour tout ce qu'elle est et nous fait être... Merci Yoko.





lundi 25 octobre 2021

L'histoire d'un chat des rues

 "Aimez de façon égale et universelle les êtres du monde. L'Univers est Un."

Tchouang-Tseu



L'histoire de "Popeye" ...Parce qu'il faut ouvrir les consciences...


"On m'a donné le nom de Popeye parce que petit, je mangeais beaucoup et que j'étais un chaton très vif et joueur.
Ma mère, je ne m'en souviens plus beaucoup, on m'a arraché à elle, je n'avais que 6 semaines et je me souviens du déchirement de la séparation, beaucoup trop jeune, alors que j'avais encore tellement besoin d'elle...
Mes "maîtres" sont venus me chercher un jour d'Octobre, sous la pluie. Ma maman appartenait à des amis à eux et ça faisait 7 longues années qu'elle avait portée sur portée... Elle était très fatiguée ma maman mais ses "maîtres" ne voulaient pas la faire stériliser.
Si ça avait été le cas, je ne serais pas là aujourd'hui, mais pour elle, pour moi, pour tous mes nombreux frères et sœurs, ça aurait été préférable...
Je suis parti dans ma nouvelle maison et les premiers mois, c'était génial, j'étais heureux, choyé. On me faisait des câlins, on jouait avec moi...
Et puis, je suis devenu grand et j'ai senti que mes maîtres commençaient à moins s'occuper de moi...
Je suis devenu adolescent et mes bêtises ne les faisaient plus beaucoup rire... Avec les hormones, j'ai commencé à faire pipi dans la maison, c'était plus fort que moi et là...
Les câlins, c'était fini...Ils me criaient dessus, j'ai commencé à recevoir des coups de pieds...
Je ne comprenais pas ce qui se passait et pourtant, moi, je les aimais mes maîtres, je leur avais donné mon cœur pour la vie...
A l'âge de 8 mois, on m'a mis dehors...
Je n'avais jamais mis une patte dehors et au début, j'étais content, un nouveau territoire à explorer, c'était sympa, il faisait doux, on était au printemps.
J'ai rencontré des chats dehors et je me suis dis "Chouette, des nouveaux copains" mais malheureusement, j'ai vite compris que dehors, c'était la loi du plus fort...
Un gros matou m'a un jour attaqué et il était beaucoup plus fort que moi, je n'avais aucune chance. Il m'a fait mal, très mal...Et je suis revenu à la maison en boitant, couvert de sang. Je gémissais de douleur et je suis allé me frotter contre les jambes de ma maîtresse.
A ma grande surprise, j'ai lu le dégout dans son regard et elle m'a repoussé du pied. Je ne sais pas ce qui m'a fait le plus mal... Les blessures ou sa réaction de rejet.. A partir de ce jour là, je n'ai plus eu le droit de rentrer dans la maison, mes blessures ont mis du temps à guérir, je dormais maintenant sur des vieux tissus dans le garage...
On me mettait de temps en temps un bol de croquettes et un bol d'eau dehors et pour le reste, j'ai appris à chasser les souris pour survivre.
Mais je restais là parce que c'était ma maison et que malgré tout, mes maîtres, je les aimais toujours.
Deux ans ont passé, je me contentais de les observer de loin sans trop m'approcher. J'ai vu le ventre de ma maîtresse s'arrondir et j'ai compris qu'elle allait avoir un bébé humain.
A ce moment là, la situation a empiré, on a fermé le garage pour que je ne puisse plus y rentrer, il n'y avait plus de bol de croquettes, ni d'eau et lorsqu'on me voyait, on me chassait à coup de balai. Je restais des heures sous la pluie à regarder par la fenêtre et je ne comprenais pas comment ils avaient pu m'exclure de leur vie...
Et puis, le chien est arrivé... J'ai du quitter définitivement la maison, je ne pouvais plus m'en approcher...
J'ai erré, longtemps, trop longtemps...des années et des années.
Combien de temps s'est écoulé ? Je n'en sais rien, j'ai arrêté de compter, j'ai appris juste à survivre.
De temps en temps, des gens me donnaient à manger, d'autres me pourchassaient. Je me battais, j'étais souvent blessé et bientôt, il n'y a plus eu aucune trace du beau chat que j'étais jadis. J'ai du être père des centaines de fois...
Je vieillissais, je portais les stigmates de mes blessures, j'étais maigre... Vous savez, ne pas manger pendant plusieurs jours parfois, dormir parfois sous la pluie, chercher un abri lorsqu'il gèle et quand la neige arrive!!!!!
Le soir, j'approchais souvent des maisons, je regardais par la fenêtre des maisons et je voyais les gens vivre, heureux. Parfois, je voyais des chats comme moi, enfin, pas exactement, ils étaient beaucoup plus beaux que moi et ronronnaient près de leurs maîtres, au chaud...
Pourquoi m'avait on privé de cette vie ? Qu'avais je fais pour mériter un tel sort ?
Un jour, je suis tombé malade et j'ai été un peu moins prudent que d'habitude.
Il pleuvait, il faisait froid et j'ai voulu me mettre à l'abri rapidement. Je n'ai pas fait attention à la route, je n'ai pas vu la voiture arriver et soudain, le choc...
La voiture ne s'est pas arrêtée et j'ai vu la lumière des phares disparaitre dans la nuit.
Je suis resté là... La douleur est partie, la vie aussi...
Le lendemain, mon corps sans vie a été jeté dans un camion poubelle. Ma vie d'errance s'est arrêtée ainsi.
Si les maîtres de ma mère avaient été des gens responsables...
Si mes maîtres avaient été des gens responsables...
Si quelqu'un m'avait tendu la main...
Si j'avais eu la chance de tomber sur une association...
Si une association avait eu de l'argent pour m'aider...
Si une famille d'accueil m'avait ouvert sa porte et son cœur
Si des adoptants avaient fait le choix de m'adopter en association ou de la rue ...

Combien de mes frères et sœurs doivent ils encore mourir dans la rue avant que les consciences ne s'éveillent et comprennent que nous sommes des êtres vivants, capables de bonheur et de souffrance ??? Nous ne sommes pas des jouets, lorsque nous aimons, c'est pour la vie...et nous adopter, c'est un engagement sur du long terme.
Nous n'avons pas choisi de vivre et souffrir dans la rue !"


Je ne connais pas l'auteur de ce texte mais je souhaitais le partager.

mardi 7 septembre 2021

La légende du pont de l'arc-en-ciel

 " L'amour n'est pas un lien, c'est une révélation. "Boris Cyrulnik

 


 

La légende raconte que quand les anges à quatre pattes (ou tout autre animal que nous avons aimé) nous disent au revoir, dans un dernier souffle, ils traversent le pont de l’arc en ciel.

De l’autre côté de ce pont, se trouvent des prés et des collines sur lesquels on peut courir, jouer et profiter de l’innocence…

On dit que là, de l’autre côté du pont de l’arc en ciel, il y a suffisamment d’espace, de nourriture, d’eau et de soleil pour que tout le monde se sente bien.

De plus, selon la légende, tout ceux qui ont été malades, mutilés ou cruellement blessés voient leur santé restaurée et débordent de joie.

 Nos amis sont heureux et satisfaits, sauf lorsqu’ils pensent à ceux qu’ils ont laissé de l’autre côté du pont de l’arc en ciel.

Alors que les autres gambadent et jouent, l’un d’entre eux s’arrête et plonge son regard dans l’horizon.

 Son corps tremble et avec une grande émotion, il se sépare de son groupe en courant très vite.

La légende raconte qu’alors, humains et animaux, amis de l’âme, sont réunis et ne se séparent plus jamais. 

Leurs coups de langue humides inondent notre visage et nos mains et on ne peut que les caresser.

Nous restons alors unis pour toute l’éternité à travers un regard sage plein d’amour et de noblesse.

 Cette légende nous aide à comprendre de manière métaphorique que lorsqu’un animal quitte ce monde, il reste dans notre cœur même si nous ne pouvons plus profiter de sa chaleur physique.

 

Cette même légende n’oublie pas non plus les animaux qui n’ont pas pu, dans cette vie, profiter de l’amour d’une personne. Ainsi, voici ce qu’elle raconte…

“Soudain, sur le pont de l’arc en ciel, un jour différent des autres s’est levé, pas aussi ensoleillé. C’était une journée froide et grise, une journée la plus triste que vous pouvez imaginer.

Les nouveaux arrivants ne savaient pas quoi en penser, ils n’avaient jamais vu une telle journée. Mais les animaux qui attendaient leurs êtres aimés depuis longtemps savaient parfaitement ce qui se passait et se regroupèrent sur le chemin du pont pour regarder.

Ils attendirent un peu et un animal très âgé arriva, la mine défaite et la queue traînant parterre. Les animaux qui étaient là depuis longtemps savaient quelle était son histoire car ils l’avaient vu passer de nombreuses fois.

Cet animal s’est approché lentement, très lentement. Il était évident qu’il ressentait une forte douleur émotionnelle, bien qu’il n’avait pas de signes physiques de douleur.

 

Contrairement aux autres animaux qui attendaient sur le pont, cet animal n’était pas revenu à la jeunesse, ni n’avait retrouvé la santé et la joie.

Alors qu’il marchait jusqu’au pont, il voyait comment tous les animaux le regardaient. Il savait que ce n’était pas sa place et quand il pourrait traverser le pont, il serait heureux.

Mais cela ne se passerait pas comme cela. Quand il s’est approché du pont, un ange apparut et avec un visage tout triste il lui demanda pardon et lui dit qu’il ne pouvait pas traverser.

 Seuls quelques animaux qui étaient accompagnées de leurs êtres chers pouvaient traverser le pont de l’arc en ciel.

Ayant aucun lieu où aller, le grand animal fit demi tour et dans les prés, vit un groupe d’autres animaux comme lui, certains âgés, d’autres très fébriles.

Ils n’étaient pas en train de jouer, ils étaient tout simplement allongés sur l’herbe, en regardant le chemin qui menait au pont. Alors, il les a rejoint et à son tour, il a regardé le chemin en attendant.

 L’un des arrivés récemment au pont ne comprenait pas ce qu’il avait vu et a demandé à un autre qu’il lui explique ce qui se passait : “Tu vois ce pauvre animal et les autres à ses côtés ? Ce sont les animaux qui n’ont jamais eu personne. Celui-là au moins a été recueilli dans un refuge. Il est entré dans le refuge comme tu le vois maintenant, un animal âgé, avec les poils gris et la vue un peu floue. Mais il n’a jamais pu sortir du refuge, il est mort seulement avec l’amour de son tuteur. Comme il n’a jamais eu de famille pour lui apporter de l’amour, il n’a personne qui peut l’accompagner pour traverser le pont”.

Le premier animal s’est mis à réfléchir et a demandé : Et que va-t-il se passer maintenant ? Avant la réponse, les nuages ont commencé à se défaire et un vent très violent les fit disparaître.

Ils pouvaient voir une personne, seule, s’approchant du pont et, parmi les animaux âgés, tout un groupe fut immédiatement baigné d’une lumière dorée qui les fit redevenir des animaux jeunes, sains et pleins de vie. “Regarde et tu sauras” dit le second animal.

 

Parmi les animaux qui étaient en train d’attendre, un autre groupe s’est également rapproché du chemin.

Ils ont baissé la tête alors que cette personne s’approchait. Lorsqu’elle passait devant chaque animal, elle les touchait, leur donnait une caresse, leur grattait l’oreille tendrement…

Les animaux qui avaient rajeuni formèrent une file derrière elle et suivirent la personne jusqu’au pont. Ensuite, ils traversèrent le pont ensemble.

“Qu’est-ce que c’est que ça ?” demanda le premier animal. Le second lui dit : “Cette personne était une grande amoureuse des animaux et travaillait dans leur protection. Les animaux que tu as vu baisser la tête en signe de respect étaient ceux qui ont trouvé de nouveaux foyers grâce aux efforts de ce type de personnes. Bien sûr, tous ces animaux traverseront le pont quand viendra le moment, quand arriveront ceux qui étaient leur nouvelle famille.

Mais ceux que tu as vu âgés et ensuite rajeunis étaient ceux qui n’ont jamais retrouvé de maison… et comme ils n’avaient pas de famille, il ne peuvent pas traverser le pont. Quand une personne qui a travaillé dans l’aide des animaux abandonnés arrivera, elle leur offrira cet ultime acte de sauvetage et d’amour. Tous les pauvres animaux, ceux qui n’ont pas pu avoir de famille sur le terre, peuvent être accompagnés pour qu’ils puissent traverser, eux aussi, le pont de l’arc en ciel”.

 


Chien-et-fille

 

samedi 21 août 2021

Devenons les ouvriers de la délivrance animale

"L'enfant qui sait se pencher sur l'animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère."

Albert Schweitzer

 


 

 

Devenons les ouvriers de la délivrance animale

Il arrive que les hommes se laissent trop facilement décourager à la pensée que l'individu isolé ne peut rien faire, et ils en viennent, la plupart d'entre nous, à vouloir fermer les yeux et se boucher les oreilles pour ne rien savoir de ces misères: ils s'imaginent qu'en leur tournant le dos dans leur vie quotidienne, elles cessent d'exister.

Ce point de vue est faux et lâche. L'individu isolé peut au contraire faire beaucoup (...) Ce qu'on vous demande est vraiment modeste : aucun sacrifice ni de temps ni d'argent, mais seulement ne pas rester un spectateur passif et élever la voix à la place des créatures qui ne savent parler, afin de ne pas ressembler au Lévite de la parabole. Mais je remarque chez les autres et chez moi-même que nous nous y prenons souvent avec maladresse pour défendre la cause des animaux : nous nous mettons en colère, nous injurions et morigénons, ce qui semble alors donner raison à ceux qui nous reprochent en se fâchant de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas et que nous ne connaissons pas ! Une parole mieux placée et plus aimable n'aurait suscité de telles réactions négatives. Il faut se souvenir des paroles de l'apôtre: "la charité est patiente, elle est bienveillante; la charité n'est pas envieuse, elle ne se vante pas, ne s'irrite pas et ne fait rien d'inconvenant..." Notre but est d'éveiller la conscience des hommes: vous n'y arriverez pas prétendant vous ériger en juges, mais plutôt en vous présentant comme un requérant. Même si l'interpellé riposte et si vous croyez n'avoir rien obtenu, la requête fait son chemin, pénètre l'esprit jusqu'à ce qu'un jour la lumière y jaillisse.

Si tous, tant que nous sommes, nous faisions chacun notre devoir, nous réussirions à changer beaucoup de choses (...) ne vous détournez pas en disant : "C'est plus fort que moi, je ne peux pas voir çà!" - mais inquiétez-vous et osez prononcer le mot qui convient (...). Telle est la petite requête que je vous adresse en ce temps de l'Avent pour que nous devenions les ouvriers de la délivrance des animaux ...

(Sermon du troisième dimanche de l'Avent, 1908)