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samedi 30 mai 2020

Chiots à vendre, le chiot et le garçonnet:

"Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu'il n'a pas d'âme."
Victor Hugo




 Chiots à vendre, le chiot et le garçonnet:



Un commerçant était en train de clouer une affiche annonçant des « chiots à vendre » au-dessus de sa porte. Des affiches comme celle-là ont le don d’attirer les enfants et comme par hasard, un petit garçon apparut bientôt sous l’affiche du commerçant. « Combien vendez-vous ces chiots ? » demanda-t-il.
Le commerçant répondit : « Entre 150€ et 170€ ».
Le petit garçon fouilla dans ses poches et en tira de la petite monnaie. « Je n’ai que 10€, dit-il. Est-ce que je peux les regarder s’il vous plaît ? »

Le commerçant sourit et siffla. Du chenil ils virent sortir Lady, qui accourut vers eux en passant par le couloir du magasin, suivie de cinq petites boules de poils. Un des chiots traînait derrière à une bonne distance. Aussitôt qu’il le vit, le petit garçon montra du doigt le chiot qui boitait derrière les autres : « Qu’est ce qu’il a celui-là ? »

Le commerçant lui expliqua que le vétérinaire avait examiné le chiot et avait découvert une malformation de la hanche. Il boiterait toujours. Il serait toujours infirme. Le petit garçon devint tout excité. « C’est ce petit chien-là que je veux acheter ! »
« Non, dit le commerçant, tu ne veux pas acheter ce chien. Mais si tu le veux vraiment, alors je vais te le donner. »

Le petit garçon se fâcha. Il regarda le commerçant droit dans les yeux et dit : « Je ne veux pas que vous me le donniez. Ce petit chien vaut aussi cher que les autres et je le paierai plein prix. En fait, je vais vous donner 10€ par mois, c’est ce que je reçois en argent de poche chaque mois. Je vous paierai ce qu’il vaut. »

Le commerçant répliqua : « Tu ne veux pas vraiment acheter ce petit chien. Il ne sera jamais capable de courir et de sauter et de jouer avec toi comme les autres chiots. »
Sur ce, le petit garçon se pencha, retroussa la jambe de son pantalon et découvrit une jambe gauche affreusement tordue, soutenue par un appareil orthopédique. Il regarda le commerçant et dit doucement : « Eh bien, je ne cours pas très bien moi-même, et le petit chien aura besoin de quelqu’un qui puisse le comprendre ! »

Histoire écrite par Dan Clark.

mardi 26 mai 2020

La chenille et le papillon

Un papillon blanc qui voltige,
Un coup d'oeil au hasard jeté,
Vous fait surprendre sur sa tige
La fleur dans sa simplicité.

Théophile Gautier 



Voici un petit conte que j'aime beaucoup...
J'espère qu'il vous inspirera.


 

Il y avait un jour une petite chenille qui se débattait dans son cocon car elle sentait que quelque chose d’important se passait. Sa vie avait été tranquille et les jours se ressemblaient tous….jusqu’à ce matin où elle se sentit si secouée qu’elle décida d’appeler au secours. C’est alors qu’un papillon, passant par là, s’approcha d’elle.

«Que se passe-t-il ?» lui demanda le papillon.
«J’ai peur, répondit la petite chenille. J’ai froid, je suis secouée, je me sens mourir, j’étouffe. Au secours, viens me sauver s’il te plaît, papillon !».
«Je ne peux pas, lui répondit-il. Tu dois vivre cette expérience par toi même. Je dois respecter le cycle de la vie et je ne peux pas intervenir de l’extérieur. Tu vis une métamorphose, tu es en train de quitter ton identité de chenille pour te transformer en papillon. Tu as peur car tu es en train de sortir de ta zone de confort et oui, c’est douloureux, j’en conviens. Tu dois laisser ce cocon derrière toi mais c’est pour ton bien, tu es en train de grandir, de t’élever. Tu vas devenir comme moi, un vrai papillon. Accroche-toi, c’est temporaire, cela va passer».

La petite chenille, courageuse, écouta les conseils du papillon car elle sentait qu’il était passé par là lui aussi et ses paroles lui apportèrent du réconfort. Après un certain temps, elle réussit à sortir de ce cocon étroit mais elle se sentit complètement nue et vulnérable. Elle remarqua qu’elle avait changé de forme et qu’elle était devenue un papillon naissant, avec de petites ailes de soie, fragiles.
«Je ne me reconnais plus, dit-elle au papillon. Je ne suis plus la même et en plus mes ailes me font mal. Elles sont encore trop fines, elles n’ont pas assez de consistance, je ne peux pas encore voler. Aide-moi, s’il te plaît, fais quelque chose pour me soulager, je t’en prie, j’ai mal».
«Je ne peux pas, répondit le papillon. Tu dois encore souffrir un temps et te débattre pour que tes ailes se consolident et deviennent plus épaisses. Seulement alors, tu pourras commencer à voler, pas avant. Tu dois être prête pour affronter la vie. Courage, c’est encore une étape à passer mais la lumière est au bout du tunnel, garde espoir, aies confiance en moi».

Après encore un certain temps, ses ailes finirent par se consolider et un matin, elle remarqua qu’elle était devenue un vrai papillon avec de belles couleurs rouge, verte et dorée. «Pourquoi ai-je du autant souffrir ? demanda-t-elle au papillon. Cela a été si pénible ! A quoi cela peut bien servir de souffrir ainsi ?».
«Parce que tu as une mission, beau papillon. Tes souffrances avaient un sens. Maintenant tu peux aider les autres chenilles à vivre cette traversée éprouvante de leur évolution. Tu pourras aussi aller parler aux hommes, leur dire qu’ils vivent le même processus douloureux eux aussi, que cela les concerne tout autant. La planète a besoin de papillons, comme toi, comme moi. Nous formons une grande chaîne et nous portons le flambeau pour aller rejoindre les hommes. La terre vit actuellement de grands bouleversements et les hommes ont peur, tout comme toi tu as eu peur aussi. Va les rassurer. Dépose dans leur cœur l’espoir et la foi en l’avenir malgré les apparences chaotiques du monde. Dis-leur que ce processus de chenille à papillon fait partie de la vie, de l’évolution».

Et le jeune papillon, heureux d’entendre ces paroles, commença son envol dans le ciel bleu, au delà de l’horizon, en suivant fidèlement le papillon aîné. Un monde nouveau s’ouvrait devant lui, à perte de vue. Ils rejoignirent la grande chaîne de papillons qui volaient librement, joyeusement, heureux et en paix. Sa nouvelle vie était merveilleuse et toutes les souffrances passées n’étaient plus qu’un mauvais souvenir. Sa vraie vie commençait enfin...



mardi 5 mai 2020

Sauvetage d'un petit zébu

« Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour. » Khalil Gibran


Eowyn la petite zébu, avec Poésie la petite vache, Laos le chien, Miko l'oie céréopse et Bruno



Eowyn est une petite femelle zébu qui était destinée à partir à l'abattoir pour sa viande.
Nous l'avons achetée pour la sauver. Elle était très sauvage, ne se laissait pas approcher, cherchait à charger ou se jetait contre les murs et les barrières dès que l'on faisait un pas vers elle.
Nous l'avons mise avec Poésie la petite vache aveugle et épileptique à l'écurie les premiers jours, puis petit à petit, l'avons habituée à notre présence, en lui parlant, en caressant Poésie devant elle.

Peu à peu nous habituons Eowyn au collier, à l'attache et à être touchée. Chaque jour, nous passons un moment de plus en plus long avec elle

Poésie passe la nuit avec Eowyn et sort un moment la journée
Eowyn reste attachée chaque jour entre une demi-heure et une heure, nous la brossons, la caressons sur tout le corps. Elle s'apaise et comprend qu'elle est en sécurité. Yoko, la jument qui a adopté Poésie, veille avec tendresse sur Eowyn
Laos, le bouvier bernois, aime venir voir Eowyn 
Le grand jour est là. Nous sortons Eowyn de l'écurie. Poésie l'accompagne, elle est ravie d'avoir une sœur d'adoption.

Shambhala et Yoko les juments, montrent à Eowyn qu'elle peut aller dans la cour et qu'il n'y a pas de danger

Eowyn explore son nouvel univers, près de Poésie pendant que les juments veillent sur elles deux.
Shambhala, la jument frisonne, nous fait comprendre qu'elle veut adopter Eowyn qui a 7 mois. Elle passe de plus en plus de temps avec elle, la lèche et la rassure
Les joies du brossage
Les deux "soeurs" meuh mangent sous la protection de leur mômans juments
 
Nous laissons la longe d'Eowyn trainer au sol afin de l'habituer à ne pas paniquer lorsque quelque chose la bloque ou la freine
Poésie et Eowyn développent une relation d'une immense tendresse. Eowyn est consciente du handicap de Poésie et n'hésite pas à l'aider à se diriger en l'appelant ou en la poussant du nez. Et ce que nous pressentions s'est produit. La jument Shambhala a adopté Eowyn. Leur amour et leur complicité emplissent de joie Yoko et Poésie. Ainsi les deux juments ont chacune leur petite "meuh"...


La tendresse...
La petite zébu aime exprimer sa joie en courant et sautant
Il y a plein de copains
 
L'amour de Shambhala et Eowyn grandit de jour en jour...



Nous avons aménagé un petit pré attenant à la cour pour les deux mômans et leurs petites "meuh". Nous les y accompagnons régulièrement afin que Poésie, qui est aveugle, retienne comment y aller et crée ses repères.

Au bout de quelques jours, Eowyn parvient, aidée des juments, à guider Poésie jusqu'à la pâture...

 




La petite famille savoure l'herbe et des moments de complicité 



Cigognes au-dessus du petit pré


En voilà deux qui se racontent des secrets






Cette petite famille vous envoie plein de bonheur...

samedi 18 avril 2020

Souffle d'amour


« Un être humain est une partie du tout que nous appelons univers, une partie limitée par l'espace et le temps. Il s'expérimente comme séparé du reste...
Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser, dans leur beauté, toutes les créatures vivantes et l'ensemble de la nature. »
Albert Einstein





Carl Sagan, Pale Blue Dot: A Vision of the Human Future in Space



« Regardez encore ce petit point. C'est ici. C'est notre foyer. C'est nous. Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu. Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d'idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d'amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d'espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l'histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.
La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique. Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d'une fraction d'un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d'un recoin de ce pixel sur d'indistincts habitants d'un autre recoin. Comme ils peinent à s'entendre, comme ils sont prompts à s'entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre propre importance imaginée, l'illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l'univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle. Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité - dans toute cette immensité - il n'y a aucun signe qu'une aide viendra d'ailleurs nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu'à présent le seul monde connu à abriter la vie. Il n'y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S'installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c'est sur Terre que nous prenons position.
On a dit que l'astronomie incite à l'humilité et fortifie le caractère. Il n'y a peut-être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue. »

vendredi 10 avril 2020

Un moment près de l'eau

"Se fondre dans un paysage,
disparaître,
se taire,
observer.
Revenir un peu plus sage,
changer l'intérieur
pour changer l'extérieur
et vivre cette Aventure Humaine
pour nous emporter plus loin."

Jordan Ray.



Dendrocygne bicolore au bord de la mare
Un rayon de soleil entre deux giboulées. Quelques fleurs impatientes de printemps bravent le froid, leurs corolles rebelles en offrande à la lumière dorée et encore humide...
Je suis près de l'eau, elle bruisse, elle murmure, elle raconte les poissons qui commencent à frayer et les canards qui dansent.

Les cygnes noirs ont fait leur nid et couvent à tour de rôle leurs œufs.

Les dendrocygnes veufs et un dendrocygne d'Eyton barbotent






Le vent crée des vaguelettes dans lesquelles des faisceaux de lumière dessinent des étoiles.
Cela donne un sentiment d'être absorbé par cette nature, harmonieuse, bienveillante et sereine.
J'entends les chevaux qui caracolent dans le pré, le chant d'un étourneau.

 
Un mâle canard carolin

Le chant d'un merle répond à celui d'une mésange.
Sakura, une de nos oies céréopses, vient près de moi au bord de l'eau et se lisse les plumes.


Machu et Picchu les alpagas, sont ravis de se tremper les pattes dans l'eau
Les hirondelles gazouillent joyeusement. L'air est chargé de parfums sucrés. La brise berce les fleurs qui se balancent avec nonchalance.

La brise berce les fleurs de sakura


 Les canards restés sur la berge broutent quelques plantes. J'entends des tourterelles et le vol lourd d'un bourdon.

 
Hanako, une oie céréopse, me rejoint en nageant.
Le temps semble s'être arrêté, tout est nimbé de douceur.

C'est une bulle d'harmonie, Bounty, une de nos minettes, vient caresser mes jambes. 

 
Les hirondelles en pleine discussion

dimanche 29 mars 2020

Le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l'endroit

Le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance.
Coline Serreau 







Voici un texte poignant de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots...

Dimanche 22 mars. Coline Serreau, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.

LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT



"Le gouvernement gère l'épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s'en protéger en faisant vivre l'espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d'affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l'équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l'intelligence collective et populaire se manifeste.
En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l'action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d'euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment "exploitants agricoles" reçoivent des centaines de milliers d'euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l'industrie chimique prospère.
Et voilà que le petit virus remet les pendules à l'heure, voilà qu'aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d'éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d'argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l'argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu'ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l'ont-ils gagné cet argent ? Ils l'ont gagné parce qu'il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d'autoroutes, de trains, d'égouts, d'électricité, d'eau courante, d'écoles, d'hôpitaux, de stades, et j'en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d'annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l'électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu'aux banquiers.
J'espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n'a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l'a si bien compris qu'il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l'humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n'y aura pas de retour en arrière après cette crise.
Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d'entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu'ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l'endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu'est-ce qui est important dans nos vies ?
Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d'une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?
Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?
Encaisser la violence sociale de ceux qui n'ont eu de cesse d'appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?
Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu'ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s'occupe de l'environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s'ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.
En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d'hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s'en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu'elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu'à des catastrophes.
Mais ne vous faites pas d'illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres "pestes" seront à l'aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l'on a l'intelligence d'en analyser l'origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d'objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d'abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l'entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s'envoie des messages qui rivalisent de créativité et d'humour.
Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.
Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n'est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d'une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu'un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d'assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n'ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l'annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.
Après l'explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d'un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l'industrie du luxe, où l'on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d'artiste qu'il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !
Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m'ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l'hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d'amour et d'espoir à ceux qui en ont besoin."

Coline Serreau

mercredi 18 mars 2020

Nous ne sommes pas en guerre

La pensée du néant des choses engendre la compassion, La compassion abolit l'espace entre soi et les autres, L'unité de soi et des autres réalise le bien d'autrui . Milarepa




 "Nous ne sommes pas en guerre "
par Sophie Mainguy, médecin urgentiste.




NOUS NE SOMMES PAS EN GUERRE et n'avons pas à l'être...
Il est intéressant de constater combien nous ne savons envisager chaque événement qu’à travers un prisme de défense et de domination.
Les mesures décrétées hier soir par notre gouvernement sont, depuis ma sensibilité de médecin, tout à fait adaptées. En revanche, l’effet d’annonce qui l’a accompagné l’est beaucoup moins.
Nous ne sommes pas en guerre et n’avons pas à l'être.
Il n'y a pas besoin d’une idée systématique de lutte pour être performant.
L’ambition ferme d’un service à la vie suffit.
Il n’y a pas d’ennemi.
Il y a un autre organisme vivant en plein flux migratoire et nous devons nous arrêter afin que nos courants respectifs ne s'entrechoquent pas trop.
Nous sommes au passage piéton et le feu est rouge pour nous.
Bien sûr il y aura, à l’échelle de nos milliards d’humains, des traversées en dehors des clous et des accidents qui seront douloureux.
Ils le sont toujours.
Il faut s’y préparer.
Mais il n’y a pas de guerre.
Les formes de vie qui ne servent pas nos intérêts (et qui peut le dire ?) ne sont pas nos ennemis.
Il s’agit d’une énième occasion de réaliser que l’humain n’est pas la seule force de cette planète et qu’il doit - ô combien- parfois faire de la place aux autres.
Il n’y a aucun intérêt à le vivre sur un mode conflictuel ou concurrentiel.
Notre corps et notre immunité aiment la vérité et la PAIX.
Nous ne sommes pas en guerre et nous n’avons pas à l’être pour être efficaces.
Nous ne sommes pas mobilisés par les armes mais par l'Intelligence du vivant qui nous contraint à la pause.
Exceptionnellement nous sommes obligés de nous pousser de coté, de laisser la place.
Ce n’est pas une guerre, c’est une éducation, celle de l’humilité, de l’interrelation et de la solidarité.

Sophie Mainguy, médecin urgentiste


Chiots à vendre, le chiot et le garçonnet:

"Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu'il n'a pas d'âme." Victor Hugo   Chio...