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vendredi 16 décembre 2022

Pourquoi aimer les animaux?

 Tous les animaux sont nés avec l'innocence, la curiosité et l'amour.

Anthony Douglas Williams




« Pourquoi aimer les animaux?
Parce qu'ils vous donnent tout, sans rien demander.
Parce que contre le pouvoir de l'homme armé, ils sont sans défense.
Parce qu'ils sont des enfants éternels, Parce qu'ils ne savent pas ce qu'est la haine ou la guerre.
Parce qu'ils ne connaissent pas l'argent et qu'ils se consolent seulement avec un endroit pour échapper au froid.
Parce qu'ils se font comprendre sans dire un mot,
Parce que leur regard est aussi pur que leur âme.
Parce qu'ils ne connaissent ni envie ni rancune,
Parce que le pardon est encore naturel en eux.
Parce qu'ils savent aimer avec loyauté et fidélité.
Parce qu'ils vivent sans avoir une maison luxueuse.
C'est pourquoi ils n'achètent pas l'amour,
ils attendent juste ça.
Et parce qu'ils sont nos compagnons, amis éternels, que rien ne pourra séparer.
Parce qu'ils sont vivants.
Pour ceci et mille autres choses, ils méritent notre amour. »

Mère Teresa






lundi 24 octobre 2022

Vous êtes la terre

 La terre est notre mère: elle enfante nos corps, et le ciel y joint l'âme.

Marcus Pacuvius





Vous êtes composé de 84 minéraux, 23 éléments et 8 gallons d'eau répartis sur 38 billions de cellules.
Vous avez été construit à partir de rien par les pièces détachées de la Terre que vous avez consommées, selon un ensemble d'instructions cachées dans une double hélice et suffisamment petites pour être portées par un spermatozoïde.
Vous êtes des papillons, des plantes, des roches, des ruisseaux, du bois de chauffage, de la fourrure de loup et des dents de requin recyclés, décomposés dans leurs plus petites parties et reconstruits pour devenir le vivant le plus complexe de notre planète.
Vous ne vivez pas sur Terre,
Vous êtes la Terre.

Aubrey Marcus





mercredi 19 octobre 2022

Pourquoi tant de chagrin

 Aimer, c'est trouver, grâce à un autre, sa vérité et aider cet autre à trouver la sienne. C'est créer une complicité passionnée.

Jacques de Bourbon Busset




."Mais, pourquoi tant de chagrin, Madame !?
ce n'est qu'un chat"
.."C'est parce que vous ne savez pas, Monsieur. Vous ne savez pas la place que ça prend, un chat, dans une vie. Ces yeux d'or qui vous dédient un regard d'éternité, cette patte douce qui se pose sur votre main, ces mouvements qui sont la beauté et la grâce et dont chacun exprime une sensation, un sentiment, et cette tête ronde et dure qui se colle à votre tempe pour vous dire "Je t'aime aussi"...
Tout cela, Monsieur, vous ne le savez pas, et quelque chose vous manque.
Mais je ne sais pas si je dois vous plaindre ou vous envier... Parce que vous ne tremblez pas chaque fois qu'il tousse, ou éternue, ou n'a pas faim ; chaque fois qu'il s'est battu et qu'on le cherche, dans le poil, la trace des morsures et des griffes ; chaque fois qu'il rentre tard et que l'on ne sait pas si, dans la rue, un imbécile, qui roulait trop vire, ne l'a pas projeté contre un mur, désarticulé, brisé...
Mais vous ne connaitre jamais nom plus, c'est vrai, le bonheur d'un amour gratuit partagé. Parce que les chats, Monsieur, c'est tout le contraire de ce que certains racontent : c'est tendre, c'est bon, c'est fidèle, c'est lucide, c'est intelligent, c'est doux et ça vous dit des choses... Tant de choses !...
Dors, ma petite Moune, dors... Tu sautais moins bien, ces jours-ci... J'ai dit à ta maman : "Il saute moins bien... Il vieillit, peut-être ?... Il a hésité dix fois avant de bondir sur le rebord de la fenêtre..."
Je ne veux pas y penser. Il sera bien temps... Ce qui doit arriver un jour, c'est vrai pour tout le monde. Mais ça ne console pas de le savoir...
Alors j'aurai voulu la prendre dans mes bras, cette femme que je connaissais à peine, et qui pleurait, et j'aurai voulu lui dire :
"Je vous comprends... Pleurez tant que vous voudrez, pleurez sans vous souciez des autres. Eux ne savent pas et moi si".
Philippe Ragueneau (Le chat Moune)

jeudi 23 juin 2022

Les nymphaeas...

 "Je cherchais le médicament qui guérirait mes blessures.

Je pris une profonde inspiration.
Et j'ai senti la médecine du soleil caresser mon visage.
Et j'ai senti la médecine du vent embrasser la peau de mon âme.
Et j'ai senti la médecine de l'eau rendre mes yeux cristallins.
Et j'ai senti la Vie elle-même couler dans mes veines.
Comment ne pas t'aimer, Mère Terre, si même avec toutes mes peurs et mes blessures, tu n'arrêtes jamais de me remplir de ta Médecine de l'amour inconditionnel."
Ada Luz Marquez


Lever du jour au-dessus de la mare


Le jour se lève au-dessus de la mare.
J'entends les grenouilles, le merle et les clameurs de la forêt proche.


Un agrion mignon s'est posé sur la tige d'un lotus.


Charme du nymphaea Black Princess



La délicatesse du nymphaea fushia pompom



La luminosité du nymphaea Razzberry


Une grenouille contemple le nymphaea Joey Tomocik



Une autre sur une feuille de nymphaea Sunfire


A l'assaut de la fleur...



Et une autre grenouille perchée parmi les pétales...

mardi 7 juin 2022

Ressources sauvages

 La nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la nature est la suprême ressource. ~ Olivier Messiaen




Il n’y a pas de ressources sans projet m’a-t-on dit! Ce que je veux bien croire. Mais si la ressource est sauvage, le projet devrait l’être aussi sous peine de la dénaturer. Or le projet, c’est l’homme; et qui pourrait se vanter aujourd’hui d’être sauvage? Y eut-il jamais sur Terre un homme sauvage? Disons que la Nature, quand elle n’a pas encore été altérée par la Culture, peut paraître sauvage… Mais un homme sans culture, c’est quoi ? Pour tailler des silex, il fallait déjà en avoir assez! Et que dire des bisons de Lascaux ou d’Altamira?


Faire l’inventaire des ressources sauvages reste donc une aventure hasardeuse! Il faudrait être abeille pour aller droit au but et trouver, au terme de toute exploration, l’objet de son désir!

Naviguer au radar de l’instinct, sans autre indice et sans autre gouverne que son appétit… Oui, faire de toute appétence le principe de sa recherche pour se ruer vers cet ailleurs délectable dont on saurait, sans y réfléchir, qu’il serait aussi consommable. Ah quel bonheur! Le bonheur d’être abeille, n’obéissant qu’au seul attrait des fleurs. Encore faudrait-il s’assurer qu’elles ne soient pas toxiques; et comment en juger, sans avoir recours précisément à un certain savoir, enregistré, mémorisé, codifié et qu’on puisse encore solliciter à bon escient! Mais qu’est-ce que tout ça, sinon de la Culture? Nous voilà donc dans l’impasse; à moins qu’on fasse entrer en lice le rêve, cette évasion incontrôlée de la mémoire! Car le rêve a quelque chose de sauvage, il nous aiguille sans discernement et nous engage dans des chemins de traverse pleins d’énigmes dont la résolution a quelque chose d’un butinage, apparemment aberrant et cependant sélectif… En somme prospecter des ressources sauvages reviendrait à ne s’abandonner point tant à sa Culture qu’à sa Nature, celle qu’aucune éducation n’avait encore domestiquée. Il me semble qu’il y a dans l’Art cette virtualité, cette façon inintelligible d’accéder à l’objet de sa quête, et à propos de quoi d’autres pourront épiloguer longtemps! Les shamans ont sans doute cette faculté. J’en ai vu un, venant d’Equateur qui allait droit vers des simples jusqu’alors inconnues de lui, en Europe, pour les froisser, les renifler, et me signifier d’un air entendu qu’il avait fait là une prise d’importance.

Ainsi suis-je persuadé qu’il faut, pour prospecter une Nature sauvage, l’innocence et la foi de ces inspirés qui surent bâtir des cathédrales! Qu’il faut accepter de voir autre chose que ce que l’on regarde, et se laisser aller à cet appétit insensé qui ressemble à l’amour. En somme c’est cela : pour approcher la Nature sans avoir peur de s’en repaître, il faut aimer s’y perdre!

Alors tout devient simple: il y a équivalence entre ce qu’on aime et ce qu’on est; le bonheur de cet échange en devient salutaire: c’est une sauvegarde! L’amour de l’abeille m’aura amené jusque-là, jusqu’à cette façon d’être, sauvage et communicante! Non pas la non-discrimination chère à Fukuoka, mais le choix irraisonné de ce à quoi on était voué, déterminé peut-être par vocation secrète, elle-même induite par ce goût de vivre qui nous maintient debout.

Fascinés par ce qui nous attire, et peut-être nous ressemble, nous allons de feuille en feuille, de fleur en fleur, de bouche en bouche, vers cet ailleurs qui nous attend pour nous alimenter de quelque connaissance. Greffoir en main, je vais, quant à moi, par les garrigues, laissant trace du rêve qui nous a éduqués, cherchant d’arbre en arbre le paradis peut-être: un univers sauvage qui aurait accepté d’être approché sans dommage!

Où suis-je donc, aujourd’hui, sinon sur Terre, au labyrinthe de tous les compromis, pétri de cette rationalité qui nous a si parfaitement asservis, rêvant encore d’espaces quand on m’entoure de murs aveugles?

Maurice Chaudière




dimanche 22 mai 2022

Eveille-toi

 La nature n'est pas seulement la matière. Elle est aussi Esprit.

Carl Jung




Éveille toi
Vous êtes composé de 84 minéraux, 23 éléments et 8 gallons d'eau répartis sur 38 billions de cellules.
Vous avez été construit à partir de rien par les pièces détachées de la Terre que vous avez consommées, selon un ensemble d'instructions cachées dans une double hélice et suffisamment petites pour être portées par un spermatozoïde. Vous êtes des papillons, des plantes, des roches, des ruisseaux, du bois de chauffage, de la fourrure de loup et des dents de requin recyclés, décomposés dans leurs plus petites parties et reconstruits pour devenir le vivant le plus complexe de notre planète.
Vous ne vivez pas sur Terre. Vous êtes la Terre.
- Aubrey Marcus

jeudi 31 mars 2022

Le sauvetage de Papatte, petit bouc amputé d'une patte

 « Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour. » Khalil Gibran




Papatte est un bouc qui, suite à une très grave blessure, devait être amputé. Des vétérinaires en région parisienne se sont mobilisés pour le secourir et le sauver.

Après l'opération il a été amené à Avallon, dans l'Yonne, où nous sommes allés le chercher pour le ramener dans notre refuge la Petite Bohème. Il a vite été adopté par les autres rescapés et s'est fait des amis, en savourant sa nouvelle vie.



La jument Shambhala prend une attitude bienveillante et protectrice vis à vis du nouvel arrivant.



Papatte aime beaucoup boire près de Poésie la petite vache aveugle et épileptique.



Il apprécie aussi les moments près de la jument Yoko.


Toute la famille "papouille" est ravie de veiller sur lui.


Sa nouvelle vie est pleine de tendresse et d'harmonie.




Shambhala la jument a compris sa vulnérabilité et s'occupe de lui comme si elle était sa maman. 


Quoi de mieux que se sentir protégé et aimé?


Shambhala adore emmener Papatte au pré...


Tout le monde aime ces moments de sérénité, ensemble...


Repos, tendresse et complicité...





mardi 29 mars 2022

La légende de la martre

 "Tant qu'il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l'air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée."

François Cheng



La légende de la martre

La légende de la Martre est inhabituelle car la plupart des légendes des Anishinabes qui se rapportent à cette constellation en parlent comme d'un grand ours. La martre est un petit animal de la taille d'un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l'hiver avec les humains, les oiseaux et d'autres animaux. L'hiver était souvent si rigoureux qu'ils manquaient de nourriture.

Les Anishinabes, du centre de l'Amérique du Nord, disent que de nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l'hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d'aller dans le monde de l'été et d'en rapporter le temps chaud. Mais les villageois et les animaux du monde de l'été ne voulaient pas partager leur bien. La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l'hiver pour discuter de ce qu'il fallait faire. Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l'été était caché dans une île lointaine. Au centre de cette île, il y avait une cabane, et sur un mur de cette cabane était accroché le sac de l'été. Personne de pouvait s'en approcher car il était jalousement gardé par la Grue et la Grenouille. Même lorsque toutes les créatures de l'été partaient à la chasse, ces deux gardes restaient toujours derrière pour surveiller le sac. Dès que quelque chose s'approchait de l'île, tous les chasseurs sautaient dans leurs canots pour aller voir ce que c'était. Il serait très difficile pour les animaux de l'hiver d'obtenir le sac de l'été.

Un plan fut élaboré, et vint le temps où la Martre et ses amis devaient passer à l'action. Le Hibou vola vers la cabane où la Grue et la Grenouille gardaient leur précieux trésor. Il se posa à terre et regarda à l'intérieur pour voir où le sac était accroché. Ensuite, le Rat musqué fut envoyé pour gruger les pagaies des chasseurs jusqu'au point de rupture. Le meilleur nageur de tous les animaux à longues pattes, le Caribou, commença à nager vers l'île. Dès que les chasseurs l'aperçurent, ils sautèrent dans leurs canots et pagayèrent vers lui. Le Caribou nagea le plus vite possible en s'éloignant de l'île jusqu'à ce que les pagaies se brisent et que les chasseurs soient en rade sur l'eau. Le Caribou revint alors par derrière dans la cabane et prit la Grenouille et la Grue par surprise. Il s'empara rapidement du sac et courut jusqu'à ce qu'il retrouve les animaux de l'hiver. Ils se relayèrent pour porter le sac secret de l'été dans leur monde. Lorsque les animaux de l'été eurent enfin dérivé vers la rive, ils se mirent à suivre la trace des animaux de l'hiver afin de récupérer le sac secret de l'été. Ils finirent par voir la Martre qui portait le sac. La Martre alla vers les arbres pour échapper aux animaux de l'été mais elle ne put pas grimper assez haut pour éviter les flèches des chasseurs, et l'une d'elles finit par l'atteindre.

La flèche emporta la Martre dans le ciel sombre du nord, et avec elle le sac secret de l'été. Depuis lors, les animaux de l'été et ceux de l'hiver se sont entendus pour partager les saisons de manière à ce que chacun ait six mois d'hiver et six mois d'été.

Le Créateur savait que la Martre voulait protéger ses amis contre la famine et la mort. Il empêcha donc la Martre de retomber sur la Terre et la plaça parmi les étoiles. Chaque année, la Martre traverse le ciel. Lorsque la flèche la touche, elle roule sur le dos dans le ciel d'hiver. Lorsque l'hiver est presque terminé, elle se remet sur ses pieds et recommence à donner du temps chaud sur la Terre.

De tels enseignements nous rappellent que la survie et le bien-être harmonieux de toute la création dépend du partage et du respect des Nobles Lois de la Nature.




vendredi 25 février 2022

Promets-moi

 Quand nous pratiquons la paix et quand nous pouvons sourire, notre paix peut influencer l'univers entier.

Thich Nhat Hanh



Promets-moi


Promets-moi aujourd’hui,
Alors que le soleil est juste au-dessus de nos têtes ,
De te rappeler, ma sœur, mon frère
Même s’ils te terrassent
Sous une montagne de haine et de violence,
Que l’homme n’est pas notre ennemi.

Noble est la compassion,
la haine
ne peut répondre à la violence,
la haine ne te laissera jamais affronter
la bête qui est en l’homme.
Et un jour,
quand tu feras face à la bête,
seul, ton courage intact,
Tes yeux pleins de gentillesse,
Alors de ton sourire
naîtra une fleur.
Et tous ceux qui t’aiment
seront tes témoins
par delà dix mille mondes de naissance et de mort.

Seul de nouveau,
je continuerai la tête baissée,
mais connaissant l’immortalité de l’amour .

Et sur la longue et dure route,
la soleil et la lune brilleront tour à tour
Eclairant mon chemin .


Ce poème a été écrit par Thich Nhat Hanh (Thay) pendant la guerre du Vietnam. Sa vie et celle de ses étudiants étaient quotidiennement en danger. Pourtant, ce poème encourage la perspicacité, la compassion et le pardon.




jeudi 10 février 2022

Je ne cesse de naître

 Notre vraie demeure est le maintenant. Vivre dans l'instant présent est un miracle. Le miracle n'est pas de marcher sur l'eau. Le miracle est de marcher sur la terre verte, en ce moment, d'apprécier la paix et la beauté qui nous entourent maintenant. 

  Thich Nhat Hahn

  


Je ne cesse de naître

Ne dites pas, je serai parti demain,
Car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.
Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde
Bourgeon sur une branche printanière,
Oisillon aux ailes encore fragiles,
Apprenant à chanter dans mon nouveau nid,

Chenille au cœur d’une fleur ;
Bijou caché dans une pierre.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer :
Mon cœur est rythmé par la naissance et la mort de tout ce qui est vivant.

Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,
et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps
pour manger l’éphémère.

Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,
Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,
aux jambes pareilles à des bambous fragiles,
et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,
Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,
Et je suis le pirate, au cœur incapable encore de voir et d’aimer :

Je suis un membre du Politburo,
Et je suis l’homme qui doit acquitter sa « dette de sang  » envers mon peuple,
Mourant lentement aux travaux forcés.

Ma joie est comme le printemps, chaude,
Au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.
Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,
Au point d’emplir les quatre océans.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,
Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,
Que je m’éveille,
Et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,
La porte de la compassion.

Thich Nhat Hanh

Extrait du livre « La sérénité de l’instant »




mercredi 29 décembre 2021

Du temps pour vivre

 Écoute le vent, il parle ; écoute le silence, il murmure ; écoute ton cœur, il sait. ~ Anonyme





"Je ne vous souhaite pas n’importe quoi,
Je vous souhaite quelque chose de très rare,
Je vous souhaite du temps pour rire et vous réjouir, 
pour faire ce que vous voulez, et pour penser aussi aux autres,
Je vous souhaite du temps pour ne plus courir,
Du temps pour être heureux,
Je vous souhaite du temps et de la confiance en vous-mêmes, et des surprises, 
Je vous souhaite du temps
Et pas seulement pour regarder les heures passer,
Je vous souhaite du temps pour toucher les étoiles,
Et du temps pour grandir, pour mûrir,
Je vous souhaite du temps pour espérer
Et pour aimer sans plus jamais reporter,
Je vous souhaite du temps pour vous retrouver,
Pour comprendre que chaque jour est un cadeau,
Je vous souhaite du temps aussi pour pardonner,
Je vous souhaite du temps pour vivre."


(Poème des Natifs américains des tribus Dakota)

lundi 29 novembre 2021

Je suis mort aujourd'hui

 Aux qualités qu'on exige d'un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d'être adoptés?

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais




« Je suis mort aujourd’hui. Tu en as marre de moi et tu m’as emmené à la fourrière. Ils étaient surchargés, et j’ai été malheureux.
Je suis dans un sac en plastique noir dans une décharge. Un autre chiot recevra ma laisse mal utilisée que j’ai laissée. Mon collier était sale et trop petit, mais tu l'as pris avant de m’envoyer ici.
Je serais toujours à la maison si je n’avais pas mâché ta chaussure ? Je ne savais pas ce que c’était, mais c’était en cuir, et c’était par terre. Je plaisantais, c’est tout. Tu as oublié d’acheter des jouets pour moi.
Je serais toujours à la maison si j’avais été domestiqué ? Se frotter le nez sur mon pipi m’a juste gêné d’avoir le nez mouillé. Il y a des livres et des professeurs d’obéissance qui auraient t'appris à m’apprendre à sortir.
Je serais toujours à la maison si je n’avais pas apporté des puces à la maison ? Sans médicaments anti-puces, je ne pouvais pas les enlever après que tu m’aies laissé dans le jardin pendant des jours.
Je serais toujours à la maison si je n’avais pas d’aboiement ? J’avais juste peur : « je suis seul, je suis là, je suis là ! Je veux être ton meilleur ami. »
Est-ce que je serais toujours à la maison si je t’avais rendu heureux ? Me battre ne m’a pas fait apprendre.
Est-ce que je serais toujours à la maison si tu avais le temps de prendre soin de moi et de m’apprendre ? Tu ne n’as pas fait attention à moi après la première semaine, mais j’ai passé tout mon temps à attendre que tu m’aimes. Je suis mort aujourd’hui.

Ton chien »

Auteur inconnu