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mardi 28 février 2023

Pardonne-moi

 "Contrairement à l'homme, l'animal ne sait pas tricher. Il aime tout simplement..." Tamara Rainbow




PARDONNE-MOI, MAMAN

J'étais là où tu m'as laissé pendant deux jours entiers. Dormant sur le bord de la route. J'étais terrifiée par le bruit des voitures mais je n'ai pas bougé.
La nuit dernière, une de ces voitures s'est arrêtée et elle en est sortie. Elle m'a invité à déjeuner mais j'ai dit non. Elle m'a invité à venir dormir chez elle et j'ai également refusé. J'ai essayé de lui expliquer que je t'attendais mais elle n'a pas voulu écouter. Elle a sorti une laisse et m'a dit que je ne pouvais pas rester là plus longtemps. Je l'ai mordue plusieurs fois et j'ai fini par me pisser dessus en grognant et en pleurant ! Elle ne comprenait pas qu'elle me séparait de toi ! Elle m'a emmené contre ma volonté et nous sommes partis en voiture ! J'étais si triste parce que je savais que tu allais t'inquiéter. Nous avons fini par arriver chez elle.
J'ai continué à crier en espérant que tu m'entendrais mais tu n'es jamais venu. J'ai vomi à cause de mes nerfs, je me sentais si mal. Je n'arrêtais pas de lui dire que je devais y retourner parce que tu allais penser que je t'avais abandonné quand tu verrais que je n'étais pas là ! Moi qui t'aime de tout mon cœur et de toute mon âme, je n'ai pas arrêté de pleurer depuis notre séparation il y a quelques jours. Je veux que tu saches que je ne te ferais jamais ça.
Je ne sais pas où tu es maintenant ni pourquoi tu as arrêté la voiture et m'as laissé là. Tu avais sûrement quelque chose de très important à faire. Tu peux venir me chercher maintenant, maman ?
Aujourd'hui, j'ai mangé parce que j'avais mal au ventre. J'ai aussi dormi dans un lit très doux. Et par accident, j'ai aussi remué un peu la queue. Je suis vraiment désolée, pardonnez-moi. Elle est juste très gentille avec moi. Elle a dit que je pouvais rester pour toujours. Elle m'appelle Savannah, mais j'ai déjà un nom. Quand tu viendras me chercher, tu pourras le lui dire. Tu verras comme elle sera surprise quand tu lui expliqueras que c'était une grosse erreur.
Parce que maman, tu vas revenir pour moi, n'est-ce pas ?
"Les animaux de compagnie ne sont pas jetables lorsque nous n'en avons plus envie/besoin. Ils sont l'engagement de toute une vie. Ils sont une famille ! Merci beaucoup à tous ceux qui les adoptent et les sauvent jusqu'à leur dernier souffle d'amour. Grâce à vous, ce monde est meilleur".

Maurice Baldewyns
Echevin du Bien être animal




samedi 31 décembre 2022

Vous souhaiter...

 Ose ta vie, toi seul la vivra.

Jacques Salomé





Vous souhaiter…
seulement vous souhaiter !

… Vous souhaiter
De vous aimer dans chaque instant de votre vie,
De vous respecter dans chacune de vos décisions,
D’être actif et dynamique dans vos choix.

… Vous souhaiter
D’être  libre dans vos sentiments,
De ne pas trop vous piéger dans vos contradictions,
D’être présent dans chacun de vos gestes,

… Vous souhaiter
D’être vivant dans les échanges et les rencontres,
D’être ouvert à l’imprévisible de l’existence
D’être respectueux de vos émotions.

… Vous souhaiter
De tenir vos engagements,
D’avancer dans vos découvertes et votre quête
Dans vos errances ou vos envols,

… Vous souhaiter
D’être au plus près de vos ressources,
D’être en chemin vers le meilleur de vous mêmes
Dans l’appel de nouvelles naissances.

… Vous souhaiter
De vous accueillir dans vos erreurs
De vous dynamiser par l’écoute de l’autre,
De transformer vos rêves en des projets concrets.

… Vous souhaiter
D’oser vous affirmer, de mieux vous définir
Dans chacune de vos paroles,
De vous rejoindre au plus profond

… Vous souhaiter
D’être fidèle à vos valeurs
D’être vigilant dans ce que vous allez transmettre
D’amplifier l’inattendu en vous

… Vous souhaiter
De respecter la vie ardente  qui est en chacun
Pour aller dans le sens de votre vocation profonde
Qui est de tendre vers plus d’humanitude, vers plus d’amour
Et vers plus d’absolu.

… Vous souhaiter
De devenir  des passeurs,
Des transmetteurs de vie,
Des artisans d’espérance,

… Vous souhaiter
De devenir des levains de soleils.
Pour rayonner plus vifs que jamais.
Et vous remercier d’oser tous ces possibles de vous,
Et d’en prolonger les vibrations, les énergies
Et la lumière dans chacune de vos rencontres.

Jacques Salomé

vendredi 16 décembre 2022

Pourquoi aimer les animaux?

 Tous les animaux sont nés avec l'innocence, la curiosité et l'amour.

Anthony Douglas Williams




« Pourquoi aimer les animaux?
Parce qu'ils vous donnent tout, sans rien demander.
Parce que contre le pouvoir de l'homme armé, ils sont sans défense.
Parce qu'ils sont des enfants éternels, Parce qu'ils ne savent pas ce qu'est la haine ou la guerre.
Parce qu'ils ne connaissent pas l'argent et qu'ils se consolent seulement avec un endroit pour échapper au froid.
Parce qu'ils se font comprendre sans dire un mot,
Parce que leur regard est aussi pur que leur âme.
Parce qu'ils ne connaissent ni envie ni rancune,
Parce que le pardon est encore naturel en eux.
Parce qu'ils savent aimer avec loyauté et fidélité.
Parce qu'ils vivent sans avoir une maison luxueuse.
C'est pourquoi ils n'achètent pas l'amour,
ils attendent juste ça.
Et parce qu'ils sont nos compagnons, amis éternels, que rien ne pourra séparer.
Parce qu'ils sont vivants.
Pour ceci et mille autres choses, ils méritent notre amour. »

Mère Teresa






lundi 24 octobre 2022

Vous êtes la terre

 La terre est notre mère: elle enfante nos corps, et le ciel y joint l'âme.

Marcus Pacuvius





Vous êtes composé de 84 minéraux, 23 éléments et 8 gallons d'eau répartis sur 38 billions de cellules.
Vous avez été construit à partir de rien par les pièces détachées de la Terre que vous avez consommées, selon un ensemble d'instructions cachées dans une double hélice et suffisamment petites pour être portées par un spermatozoïde.
Vous êtes des papillons, des plantes, des roches, des ruisseaux, du bois de chauffage, de la fourrure de loup et des dents de requin recyclés, décomposés dans leurs plus petites parties et reconstruits pour devenir le vivant le plus complexe de notre planète.
Vous ne vivez pas sur Terre,
Vous êtes la Terre.

Aubrey Marcus





mercredi 19 octobre 2022

Pourquoi tant de chagrin

 Aimer, c'est trouver, grâce à un autre, sa vérité et aider cet autre à trouver la sienne. C'est créer une complicité passionnée.

Jacques de Bourbon Busset




."Mais, pourquoi tant de chagrin, Madame !?
ce n'est qu'un chat"
.."C'est parce que vous ne savez pas, Monsieur. Vous ne savez pas la place que ça prend, un chat, dans une vie. Ces yeux d'or qui vous dédient un regard d'éternité, cette patte douce qui se pose sur votre main, ces mouvements qui sont la beauté et la grâce et dont chacun exprime une sensation, un sentiment, et cette tête ronde et dure qui se colle à votre tempe pour vous dire "Je t'aime aussi"...
Tout cela, Monsieur, vous ne le savez pas, et quelque chose vous manque.
Mais je ne sais pas si je dois vous plaindre ou vous envier... Parce que vous ne tremblez pas chaque fois qu'il tousse, ou éternue, ou n'a pas faim ; chaque fois qu'il s'est battu et qu'on le cherche, dans le poil, la trace des morsures et des griffes ; chaque fois qu'il rentre tard et que l'on ne sait pas si, dans la rue, un imbécile, qui roulait trop vire, ne l'a pas projeté contre un mur, désarticulé, brisé...
Mais vous ne connaitre jamais nom plus, c'est vrai, le bonheur d'un amour gratuit partagé. Parce que les chats, Monsieur, c'est tout le contraire de ce que certains racontent : c'est tendre, c'est bon, c'est fidèle, c'est lucide, c'est intelligent, c'est doux et ça vous dit des choses... Tant de choses !...
Dors, ma petite Moune, dors... Tu sautais moins bien, ces jours-ci... J'ai dit à ta maman : "Il saute moins bien... Il vieillit, peut-être ?... Il a hésité dix fois avant de bondir sur le rebord de la fenêtre..."
Je ne veux pas y penser. Il sera bien temps... Ce qui doit arriver un jour, c'est vrai pour tout le monde. Mais ça ne console pas de le savoir...
Alors j'aurai voulu la prendre dans mes bras, cette femme que je connaissais à peine, et qui pleurait, et j'aurai voulu lui dire :
"Je vous comprends... Pleurez tant que vous voudrez, pleurez sans vous souciez des autres. Eux ne savent pas et moi si".
Philippe Ragueneau (Le chat Moune)

mercredi 21 septembre 2022

J'ai mordu mon maître

 Aux qualités qu'on exige d'un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d'être adoptés?"

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais





J'ai mordu mon maître


J’ai mordu mon petit maître. Je ne le voulais pas. On s’amusait beaucoup, ensemble. Il me lançait mon ballon et tirait sur la corde avec moi. Parfois, dans l’excitation du jeu, je lui pinçais les doigts en assurant ma prise sur la corde. Mais je relâchais toujours dès que je sentais sa peau tendre sous mes crocs. Il criait parfois, mais il ne m’en voulait pas, et on reprenait notre jeu.
Le soir, nous nous roulions tous les deux sur le sol, devant cette boîte à images qui amuse tant les humains. Grand maître nous grondait parfois parce que nous faisions trop de bruit. Petit maître montait sur mon dos, et je grognais parce que je n’aimais pas trop cela. Mais je me faisais disputer et je cessais aussitôt. J’oubliais rapidement, et reprenais mes jeux avec mon petit humain.
Quand venait le moment des repas, Grand maître montrait souvent à son petit comment reprendre ma gamelle encore pleine, pour me la redonner aussitôt. Que cela m’agaçait ! Mais je ne disais rien, car les humains ont souvent des lubies qui nous échappent, à nous les chiens. Souvent aussi, Grand maître et son petit me caressaient pendant mon repas. Quelle drôle d’idée ! Je préférais les rares fois où ils me laissaient tranquillement me remplir l’estomac.
Le soir, j’étais souvent fatigué avant Petit maître. J’allais me coucher dans mon panier, et la plupart du temps, il me laissait tranquille. Mais il arrivait qu’il ait encore envie de jouer. Je voulais le prévenir de me laisser en paix, mais je n’avais pas le droit de grogner. Je bâillais, je me figeais, j’évitais son regard, je lui léchais les mains, j’avais parfois envie de le pincer mais je me retenais, parce que je l’aimais.
Mais un soir, je l’ai mordu. Nous avions beaucoup joué, il y avait du monde à la maison, des adultes et des petits, qui parlaient et riaient fort. J’étais épuisé de cette journée bien remplie. J’étais allé me pelotonner dans mon panier, mais je n’arrivais pas à m’endormir avec tout ce bruit. Les petits humains passaient à côté de moi et me caressaient. Ce n’était pas le moment pour des câlins ! J’avais fini par m’assoupir et j’avais l’esprit embrumé, quand un visage s’est penché au-dessus de moi. J’ai relevé la tête brusquement et je l’ai attrapé. Je n’ai pas planté mes dents très fort, mais le sang s’est mis à couler. C’était Petit maître.
Depuis l’incident, Grand maître semble avoir perdu toute confiance en moi. Il m’a disputé comme jamais il ne l’avait fait. Pourtant, aujourd’hui, sa main est posée sur moi pendant que l’humain en blanc me manipule. Il essaie de me parler mais les mots s’étranglent dans sa gorge. Petit maître ne nous a pas accompagnés. Les larmes coulaient sur ses joues quand nous sommes montés dans la voiture. Sans comprendre, je l’ai regardé depuis la vitre arrière du véhicule, alors que nous nous éloignions dans l’allée. Dans un coin du jardin, gisaient la corde et le ballon.
Je suis parti doucement, sous la main de mon humain. Là où je me trouve, il y a des ballons et des cordes partout. Il y a plein de choses à manger et des odeurs alléchantes dans lesquelles se rouler. On peut aussi creuser dans les nuages autant qu’on en rêve. Parfois, je creuse tant et tant, que j’arrive à voir Petit maître ici bas. Un nouveau meilleur ami est entré dans sa vie. Mais cette fois, Grand maître veille à ce que son petit ne monte pas sur son dos, ni qu’il l’ennuie quand il dort. Il le nourrit seul, surveille leurs amusements et éloigne l’enfant quand le chien grogne.
Le ballon et la corde dansent à nouveau au rythme de leurs jeux. Petit maître a retrouvé le sourire. Chien et enfant, unis par une amitié ancestrale. Apaisé, je m’en retourne à mon panier de nuages, et me roule en boule le nez sous la queue. Je m’endors pour une longue sieste dans le calme de l’éternité, bercé par les lointains éclats de rire de ce petit maître que j’ai tant aimé.

Elsa Weiss / Cynopolis



samedi 27 août 2022

Le véto impliqué

 « Je trouve insupportable que l'on tente d'opposer l'amour des hommes et l'amour des animaux. Je crois à l'amour de la vie ».

Jean-François Noblet





Le véto impliqué



Vous connaissez ce véto qui s’implique émotionnellement ? Vous savez, celui que vous aimez bien, qui a l’air de s’intéresser à votre animal, qui « s’arrange » au mieux pour votre Kiki, qui vous rappelle pour avoir des nouvelles, qui se réjouit de voir Kiki aller mieux ou qui pleure de devoir l’euthanasier.
Certains de vous répondront « Non, malheureusement ! » et d’autres « Oh oui, on n’y changerait pour rien au monde ! ».
Mais… Savez-vous ce que ça lui coûte ?
Ce que ça lui coûte de se donner sincèrement et… de recevoir en retour des claques régulièrement ?
Vous aimez que le vétérinaire vous rappelle pour prendrez des nouvelles… Mais combien de fois l’avez-vous rappelé pour les donner vous-mêmes ? Probablement rarement quand vous étiez satisfait de l’amélioration, mais si cela ne va pas mieux, là, on rappelle, n’est-ce pas ?
Et, vous le savez bien, ce fameux vétérinaire est « juste » un être humain. D’ailleurs c’est aussi pour ça qu’on l’aime : « il est humain ». Mais, par contre, s’il se trompe parce qu’il est humain, s’il rate quelque chose parce qu’il est humain, s’il ne sait pas tout parce qu’il est humain, là, on lui en veut. Il devient mauvais, inutile. Parfois même « il a tué mon chien ».
De toute façon, les vétos, ça mange l’argent et c’est tout.
Et comme il est humain, il ne fait pas de miracle. Parfois on ne peut pas sauver Kiki. La nature est toujours plus forte que nous. Oui, mais il faut un coupable. Tiens, le véto ! Ça doit bien être de sa faute… Après tout, en 2022, on sait tout soigner, non ? En plus, Dr Google a dit que…
VLAN, dans les dents, au véto.
Ça vaut bien le coup de s’impliquer sincèrement pour avoir un coup de poignard dans le dos au final… Quitte à le recevoir, autant se préparer dès le début finalement, non ?
S’impliquer, c’est aussi se rendre vulnérable. Alors le coup de poignard, derrière, il coûte très, très cher. Que faire alors ? Continuer ? Aller au burn-out ? Beaucoup trop souvent. Se protéger ? Se détacher ? forcément un peu. Devenir celui que l’on n’a jamais voulu être ? Arrêter ce métier ? Oui, pour beaucoup…
Non, les vétos ne mangent toujours pas de l’argent. Par contre, la gratitude, ou un simple « merci », ça nourrit l’âme. Et de ce côté-là, c’est trop souvent la famine.
Vous aimez votre véto-impliqué ? Prenez soin de lui. C’est une espèce en danger car elle est fragile, elle est gratitudivore, et la société actuelle n’en cultive pas assez pour les nourrir correctement.

Texte trouvé sur le site " Zen-O-vet"





mardi 7 juin 2022

Ressources sauvages

 La nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la nature est la suprême ressource. ~ Olivier Messiaen




Il n’y a pas de ressources sans projet m’a-t-on dit! Ce que je veux bien croire. Mais si la ressource est sauvage, le projet devrait l’être aussi sous peine de la dénaturer. Or le projet, c’est l’homme; et qui pourrait se vanter aujourd’hui d’être sauvage? Y eut-il jamais sur Terre un homme sauvage? Disons que la Nature, quand elle n’a pas encore été altérée par la Culture, peut paraître sauvage… Mais un homme sans culture, c’est quoi ? Pour tailler des silex, il fallait déjà en avoir assez! Et que dire des bisons de Lascaux ou d’Altamira?


Faire l’inventaire des ressources sauvages reste donc une aventure hasardeuse! Il faudrait être abeille pour aller droit au but et trouver, au terme de toute exploration, l’objet de son désir!

Naviguer au radar de l’instinct, sans autre indice et sans autre gouverne que son appétit… Oui, faire de toute appétence le principe de sa recherche pour se ruer vers cet ailleurs délectable dont on saurait, sans y réfléchir, qu’il serait aussi consommable. Ah quel bonheur! Le bonheur d’être abeille, n’obéissant qu’au seul attrait des fleurs. Encore faudrait-il s’assurer qu’elles ne soient pas toxiques; et comment en juger, sans avoir recours précisément à un certain savoir, enregistré, mémorisé, codifié et qu’on puisse encore solliciter à bon escient! Mais qu’est-ce que tout ça, sinon de la Culture? Nous voilà donc dans l’impasse; à moins qu’on fasse entrer en lice le rêve, cette évasion incontrôlée de la mémoire! Car le rêve a quelque chose de sauvage, il nous aiguille sans discernement et nous engage dans des chemins de traverse pleins d’énigmes dont la résolution a quelque chose d’un butinage, apparemment aberrant et cependant sélectif… En somme prospecter des ressources sauvages reviendrait à ne s’abandonner point tant à sa Culture qu’à sa Nature, celle qu’aucune éducation n’avait encore domestiquée. Il me semble qu’il y a dans l’Art cette virtualité, cette façon inintelligible d’accéder à l’objet de sa quête, et à propos de quoi d’autres pourront épiloguer longtemps! Les shamans ont sans doute cette faculté. J’en ai vu un, venant d’Equateur qui allait droit vers des simples jusqu’alors inconnues de lui, en Europe, pour les froisser, les renifler, et me signifier d’un air entendu qu’il avait fait là une prise d’importance.

Ainsi suis-je persuadé qu’il faut, pour prospecter une Nature sauvage, l’innocence et la foi de ces inspirés qui surent bâtir des cathédrales! Qu’il faut accepter de voir autre chose que ce que l’on regarde, et se laisser aller à cet appétit insensé qui ressemble à l’amour. En somme c’est cela : pour approcher la Nature sans avoir peur de s’en repaître, il faut aimer s’y perdre!

Alors tout devient simple: il y a équivalence entre ce qu’on aime et ce qu’on est; le bonheur de cet échange en devient salutaire: c’est une sauvegarde! L’amour de l’abeille m’aura amené jusque-là, jusqu’à cette façon d’être, sauvage et communicante! Non pas la non-discrimination chère à Fukuoka, mais le choix irraisonné de ce à quoi on était voué, déterminé peut-être par vocation secrète, elle-même induite par ce goût de vivre qui nous maintient debout.

Fascinés par ce qui nous attire, et peut-être nous ressemble, nous allons de feuille en feuille, de fleur en fleur, de bouche en bouche, vers cet ailleurs qui nous attend pour nous alimenter de quelque connaissance. Greffoir en main, je vais, quant à moi, par les garrigues, laissant trace du rêve qui nous a éduqués, cherchant d’arbre en arbre le paradis peut-être: un univers sauvage qui aurait accepté d’être approché sans dommage!

Où suis-je donc, aujourd’hui, sinon sur Terre, au labyrinthe de tous les compromis, pétri de cette rationalité qui nous a si parfaitement asservis, rêvant encore d’espaces quand on m’entoure de murs aveugles?

Maurice Chaudière




dimanche 22 mai 2022

Eveille-toi

 La nature n'est pas seulement la matière. Elle est aussi Esprit.

Carl Jung




Éveille toi
Vous êtes composé de 84 minéraux, 23 éléments et 8 gallons d'eau répartis sur 38 billions de cellules.
Vous avez été construit à partir de rien par les pièces détachées de la Terre que vous avez consommées, selon un ensemble d'instructions cachées dans une double hélice et suffisamment petites pour être portées par un spermatozoïde. Vous êtes des papillons, des plantes, des roches, des ruisseaux, du bois de chauffage, de la fourrure de loup et des dents de requin recyclés, décomposés dans leurs plus petites parties et reconstruits pour devenir le vivant le plus complexe de notre planète.
Vous ne vivez pas sur Terre. Vous êtes la Terre.
- Aubrey Marcus

jeudi 31 mars 2022

Le sauvetage de Papatte, petit bouc amputé d'une patte

 « Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour. » Khalil Gibran




Papatte est un bouc qui, suite à une très grave blessure, devait être amputé. Des vétérinaires en région parisienne se sont mobilisés pour le secourir et le sauver.

Après l'opération il a été amené à Avallon, dans l'Yonne, où nous sommes allés le chercher pour le ramener dans notre refuge la Petite Bohème. Il a vite été adopté par les autres rescapés et s'est fait des amis, en savourant sa nouvelle vie.



La jument Shambhala prend une attitude bienveillante et protectrice vis à vis du nouvel arrivant.



Papatte aime beaucoup boire près de Poésie la petite vache aveugle et épileptique.



Il apprécie aussi les moments près de la jument Yoko.


Toute la famille "papouille" est ravie de veiller sur lui.


Sa nouvelle vie est pleine de tendresse et d'harmonie.




Shambhala la jument a compris sa vulnérabilité et s'occupe de lui comme si elle était sa maman. 


Quoi de mieux que se sentir protégé et aimé?


Shambhala adore emmener Papatte au pré...


Tout le monde aime ces moments de sérénité, ensemble...


Repos, tendresse et complicité...





mardi 29 mars 2022

La légende de la martre

 "Tant qu'il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l'air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée."

François Cheng



La légende de la martre

La légende de la Martre est inhabituelle car la plupart des légendes des Anishinabes qui se rapportent à cette constellation en parlent comme d'un grand ours. La martre est un petit animal de la taille d'un renard et parent de la belette.

La Martre était une grande chasseresse. Elle vivait dans le monde de l'hiver avec les humains, les oiseaux et d'autres animaux. L'hiver était souvent si rigoureux qu'ils manquaient de nourriture.

Les Anishinabes, du centre de l'Amérique du Nord, disent que de nombreux animaux mouraient de froid et de faim pendant l'hiver. Un jour, la Martre décida que leur seul espoir était d'aller dans le monde de l'été et d'en rapporter le temps chaud. Mais les villageois et les animaux du monde de l'été ne voulaient pas partager leur bien. La Martre convoqua donc tous les animaux et les oiseaux de l'hiver pour discuter de ce qu'il fallait faire. Le Rat musqué, qui vivait entre les deux saisons, était le seul à savoir que l'été était caché dans une île lointaine. Au centre de cette île, il y avait une cabane, et sur un mur de cette cabane était accroché le sac de l'été. Personne de pouvait s'en approcher car il était jalousement gardé par la Grue et la Grenouille. Même lorsque toutes les créatures de l'été partaient à la chasse, ces deux gardes restaient toujours derrière pour surveiller le sac. Dès que quelque chose s'approchait de l'île, tous les chasseurs sautaient dans leurs canots pour aller voir ce que c'était. Il serait très difficile pour les animaux de l'hiver d'obtenir le sac de l'été.

Un plan fut élaboré, et vint le temps où la Martre et ses amis devaient passer à l'action. Le Hibou vola vers la cabane où la Grue et la Grenouille gardaient leur précieux trésor. Il se posa à terre et regarda à l'intérieur pour voir où le sac était accroché. Ensuite, le Rat musqué fut envoyé pour gruger les pagaies des chasseurs jusqu'au point de rupture. Le meilleur nageur de tous les animaux à longues pattes, le Caribou, commença à nager vers l'île. Dès que les chasseurs l'aperçurent, ils sautèrent dans leurs canots et pagayèrent vers lui. Le Caribou nagea le plus vite possible en s'éloignant de l'île jusqu'à ce que les pagaies se brisent et que les chasseurs soient en rade sur l'eau. Le Caribou revint alors par derrière dans la cabane et prit la Grenouille et la Grue par surprise. Il s'empara rapidement du sac et courut jusqu'à ce qu'il retrouve les animaux de l'hiver. Ils se relayèrent pour porter le sac secret de l'été dans leur monde. Lorsque les animaux de l'été eurent enfin dérivé vers la rive, ils se mirent à suivre la trace des animaux de l'hiver afin de récupérer le sac secret de l'été. Ils finirent par voir la Martre qui portait le sac. La Martre alla vers les arbres pour échapper aux animaux de l'été mais elle ne put pas grimper assez haut pour éviter les flèches des chasseurs, et l'une d'elles finit par l'atteindre.

La flèche emporta la Martre dans le ciel sombre du nord, et avec elle le sac secret de l'été. Depuis lors, les animaux de l'été et ceux de l'hiver se sont entendus pour partager les saisons de manière à ce que chacun ait six mois d'hiver et six mois d'été.

Le Créateur savait que la Martre voulait protéger ses amis contre la famine et la mort. Il empêcha donc la Martre de retomber sur la Terre et la plaça parmi les étoiles. Chaque année, la Martre traverse le ciel. Lorsque la flèche la touche, elle roule sur le dos dans le ciel d'hiver. Lorsque l'hiver est presque terminé, elle se remet sur ses pieds et recommence à donner du temps chaud sur la Terre.

De tels enseignements nous rappellent que la survie et le bien-être harmonieux de toute la création dépend du partage et du respect des Nobles Lois de la Nature.




vendredi 25 février 2022

Promets-moi

 Quand nous pratiquons la paix et quand nous pouvons sourire, notre paix peut influencer l'univers entier.

Thich Nhat Hanh



Promets-moi


Promets-moi aujourd’hui,
Alors que le soleil est juste au-dessus de nos têtes ,
De te rappeler, ma sœur, mon frère
Même s’ils te terrassent
Sous une montagne de haine et de violence,
Que l’homme n’est pas notre ennemi.

Noble est la compassion,
la haine
ne peut répondre à la violence,
la haine ne te laissera jamais affronter
la bête qui est en l’homme.
Et un jour,
quand tu feras face à la bête,
seul, ton courage intact,
Tes yeux pleins de gentillesse,
Alors de ton sourire
naîtra une fleur.
Et tous ceux qui t’aiment
seront tes témoins
par delà dix mille mondes de naissance et de mort.

Seul de nouveau,
je continuerai la tête baissée,
mais connaissant l’immortalité de l’amour .

Et sur la longue et dure route,
la soleil et la lune brilleront tour à tour
Eclairant mon chemin .


Ce poème a été écrit par Thich Nhat Hanh (Thay) pendant la guerre du Vietnam. Sa vie et celle de ses étudiants étaient quotidiennement en danger. Pourtant, ce poème encourage la perspicacité, la compassion et le pardon.