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jeudi 30 septembre 2021

J'ai demandé à la feuille

" L  'instant présent est le seul instant qui puisse être vécu." Thich Nhat Hanh




" J'ai demandé à la feuille si elle avait peur parce que c'était l'automne et que les autres feuilles tombaient.
La feuille m'a répondu :
"Non. Pendant tout le printemps et l'été, j'étais très vivante. J'ai travaillé dur pour aider à nourrir l'arbre et maintenant une grande partie de moi est dans l'arbre.
Je ne suis pas limitée par cette forme
Je suis aussi l'arbre tout entier, et quand je retournerai au sol, je continuerai à nourrir l'arbre.
Je ne m'inquiète donc pas du tout.
Lorsque je quitterai cette branche et que je retournerai à la terre, je ferai signe à l'arbre et lui dirai : je te reverrai très bientôt."
Ce jour-là, un vent soufflait et, au bout d'un moment, j'ai vu la feuille quitter la branche et flotter jusqu'au sol, en dansant joyeusement, car en flottant, elle voyait sa contribution à cette merveilleuse création qu’est l’arbre.
C'était si joyeux.
J'ai incliné la tête, sachant que j'avais beaucoup à apprendre de la feuille."

Thich Nhat Hanh




mardi 7 septembre 2021

La légende du pont de l'arc-en-ciel

 " L'amour n'est pas un lien, c'est une révélation. "Boris Cyrulnik

 


 

La légende raconte que quand les anges à quatre pattes (ou tout autre animal que nous avons aimé) nous disent au revoir, dans un dernier souffle, ils traversent le pont de l’arc en ciel.

De l’autre côté de ce pont, se trouvent des prés et des collines sur lesquels on peut courir, jouer et profiter de l’innocence…

On dit que là, de l’autre côté du pont de l’arc en ciel, il y a suffisamment d’espace, de nourriture, d’eau et de soleil pour que tout le monde se sente bien.

De plus, selon la légende, tout ceux qui ont été malades, mutilés ou cruellement blessés voient leur santé restaurée et débordent de joie.

 Nos amis sont heureux et satisfaits, sauf lorsqu’ils pensent à ceux qu’ils ont laissé de l’autre côté du pont de l’arc en ciel.

Alors que les autres gambadent et jouent, l’un d’entre eux s’arrête et plonge son regard dans l’horizon.

 Son corps tremble et avec une grande émotion, il se sépare de son groupe en courant très vite.

La légende raconte qu’alors, humains et animaux, amis de l’âme, sont réunis et ne se séparent plus jamais. 

Leurs coups de langue humides inondent notre visage et nos mains et on ne peut que les caresser.

Nous restons alors unis pour toute l’éternité à travers un regard sage plein d’amour et de noblesse.

 Cette légende nous aide à comprendre de manière métaphorique que lorsqu’un animal quitte ce monde, il reste dans notre cœur même si nous ne pouvons plus profiter de sa chaleur physique.

 

Cette même légende n’oublie pas non plus les animaux qui n’ont pas pu, dans cette vie, profiter de l’amour d’une personne. Ainsi, voici ce qu’elle raconte…

“Soudain, sur le pont de l’arc en ciel, un jour différent des autres s’est levé, pas aussi ensoleillé. C’était une journée froide et grise, une journée la plus triste que vous pouvez imaginer.

Les nouveaux arrivants ne savaient pas quoi en penser, ils n’avaient jamais vu une telle journée. Mais les animaux qui attendaient leurs êtres aimés depuis longtemps savaient parfaitement ce qui se passait et se regroupèrent sur le chemin du pont pour regarder.

Ils attendirent un peu et un animal très âgé arriva, la mine défaite et la queue traînant parterre. Les animaux qui étaient là depuis longtemps savaient quelle était son histoire car ils l’avaient vu passer de nombreuses fois.

Cet animal s’est approché lentement, très lentement. Il était évident qu’il ressentait une forte douleur émotionnelle, bien qu’il n’avait pas de signes physiques de douleur.

 

Contrairement aux autres animaux qui attendaient sur le pont, cet animal n’était pas revenu à la jeunesse, ni n’avait retrouvé la santé et la joie.

Alors qu’il marchait jusqu’au pont, il voyait comment tous les animaux le regardaient. Il savait que ce n’était pas sa place et quand il pourrait traverser le pont, il serait heureux.

Mais cela ne se passerait pas comme cela. Quand il s’est approché du pont, un ange apparut et avec un visage tout triste il lui demanda pardon et lui dit qu’il ne pouvait pas traverser.

 Seuls quelques animaux qui étaient accompagnées de leurs êtres chers pouvaient traverser le pont de l’arc en ciel.

Ayant aucun lieu où aller, le grand animal fit demi tour et dans les prés, vit un groupe d’autres animaux comme lui, certains âgés, d’autres très fébriles.

Ils n’étaient pas en train de jouer, ils étaient tout simplement allongés sur l’herbe, en regardant le chemin qui menait au pont. Alors, il les a rejoint et à son tour, il a regardé le chemin en attendant.

 L’un des arrivés récemment au pont ne comprenait pas ce qu’il avait vu et a demandé à un autre qu’il lui explique ce qui se passait : “Tu vois ce pauvre animal et les autres à ses côtés ? Ce sont les animaux qui n’ont jamais eu personne. Celui-là au moins a été recueilli dans un refuge. Il est entré dans le refuge comme tu le vois maintenant, un animal âgé, avec les poils gris et la vue un peu floue. Mais il n’a jamais pu sortir du refuge, il est mort seulement avec l’amour de son tuteur. Comme il n’a jamais eu de famille pour lui apporter de l’amour, il n’a personne qui peut l’accompagner pour traverser le pont”.

Le premier animal s’est mis à réfléchir et a demandé : Et que va-t-il se passer maintenant ? Avant la réponse, les nuages ont commencé à se défaire et un vent très violent les fit disparaître.

Ils pouvaient voir une personne, seule, s’approchant du pont et, parmi les animaux âgés, tout un groupe fut immédiatement baigné d’une lumière dorée qui les fit redevenir des animaux jeunes, sains et pleins de vie. “Regarde et tu sauras” dit le second animal.

 

Parmi les animaux qui étaient en train d’attendre, un autre groupe s’est également rapproché du chemin.

Ils ont baissé la tête alors que cette personne s’approchait. Lorsqu’elle passait devant chaque animal, elle les touchait, leur donnait une caresse, leur grattait l’oreille tendrement…

Les animaux qui avaient rajeuni formèrent une file derrière elle et suivirent la personne jusqu’au pont. Ensuite, ils traversèrent le pont ensemble.

“Qu’est-ce que c’est que ça ?” demanda le premier animal. Le second lui dit : “Cette personne était une grande amoureuse des animaux et travaillait dans leur protection. Les animaux que tu as vu baisser la tête en signe de respect étaient ceux qui ont trouvé de nouveaux foyers grâce aux efforts de ce type de personnes. Bien sûr, tous ces animaux traverseront le pont quand viendra le moment, quand arriveront ceux qui étaient leur nouvelle famille.

Mais ceux que tu as vu âgés et ensuite rajeunis étaient ceux qui n’ont jamais retrouvé de maison… et comme ils n’avaient pas de famille, il ne peuvent pas traverser le pont. Quand une personne qui a travaillé dans l’aide des animaux abandonnés arrivera, elle leur offrira cet ultime acte de sauvetage et d’amour. Tous les pauvres animaux, ceux qui n’ont pas pu avoir de famille sur le terre, peuvent être accompagnés pour qu’ils puissent traverser, eux aussi, le pont de l’arc en ciel”.

 


Chien-et-fille

 

samedi 21 août 2021

Devenons les ouvriers de la délivrance animale

"L'enfant qui sait se pencher sur l'animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère."

Albert Schweitzer

 


 

 

Devenons les ouvriers de la délivrance animale

Il arrive que les hommes se laissent trop facilement décourager à la pensée que l'individu isolé ne peut rien faire, et ils en viennent, la plupart d'entre nous, à vouloir fermer les yeux et se boucher les oreilles pour ne rien savoir de ces misères: ils s'imaginent qu'en leur tournant le dos dans leur vie quotidienne, elles cessent d'exister.

Ce point de vue est faux et lâche. L'individu isolé peut au contraire faire beaucoup (...) Ce qu'on vous demande est vraiment modeste : aucun sacrifice ni de temps ni d'argent, mais seulement ne pas rester un spectateur passif et élever la voix à la place des créatures qui ne savent parler, afin de ne pas ressembler au Lévite de la parabole. Mais je remarque chez les autres et chez moi-même que nous nous y prenons souvent avec maladresse pour défendre la cause des animaux : nous nous mettons en colère, nous injurions et morigénons, ce qui semble alors donner raison à ceux qui nous reprochent en se fâchant de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas et que nous ne connaissons pas ! Une parole mieux placée et plus aimable n'aurait suscité de telles réactions négatives. Il faut se souvenir des paroles de l'apôtre: "la charité est patiente, elle est bienveillante; la charité n'est pas envieuse, elle ne se vante pas, ne s'irrite pas et ne fait rien d'inconvenant..." Notre but est d'éveiller la conscience des hommes: vous n'y arriverez pas prétendant vous ériger en juges, mais plutôt en vous présentant comme un requérant. Même si l'interpellé riposte et si vous croyez n'avoir rien obtenu, la requête fait son chemin, pénètre l'esprit jusqu'à ce qu'un jour la lumière y jaillisse.

Si tous, tant que nous sommes, nous faisions chacun notre devoir, nous réussirions à changer beaucoup de choses (...) ne vous détournez pas en disant : "C'est plus fort que moi, je ne peux pas voir çà!" - mais inquiétez-vous et osez prononcer le mot qui convient (...). Telle est la petite requête que je vous adresse en ce temps de l'Avent pour que nous devenions les ouvriers de la délivrance des animaux ...

(Sermon du troisième dimanche de l'Avent, 1908)

mercredi 14 juillet 2021

Une bulle de douceur

 

"La nature est un professeur universel et sûr pour celui qui l’observe."

Carlo Goldoni


 Un rayon de soleil entre deux averses... La vie est là, toute impatiente, joyeuse, généreuse.


Les dendrocygnes bicolores blonds explorent les flaques d'eau, on entend les hirondelles et un merle chanter.


Le nymphaea Wow est fier de sa floraison, les gouttes d'eau y ajoutent de la poésie.


Une jeune hirondelle s'est posée sur une arche dans le jardin.


La fleur du nymphaea Fay Mac Donald est comme un cadeau de lumière et de délicatesse au-dessus de l'eau.


Machu & Picchu, les alpagas, veillent sur le pré. Leurs silhouettes se détachent avec grâce dans le contrejour.



Dans la cour, il y a toujours des amateurs de câlins.


Et je me dis que les yeux et le coeur sont là pour embrasser toutes ces merveilles...